La nouvelle alchimiste du son débarque le 9 novembre prochain avec un EP très singulier, personnel et talentueux ! En attendant, Gisèle Pape revient sur les grandes étapes de sa vie d’artiste rien que pour SAOTW…et pour vous!

gisele pape et arbre

Dites nous en plus sur vos débuts dans la musique.

J’ai suivi un cursus classique au Conservatoire de Belfort. Je jouais de l’orgue liturgique. Je ne me rappelle plus pourquoi j’ai choisi cet instrument, sans doute parce qu’il m’impressionnait. J’aimais bien ce contraste entre la sensation d’être cachée, tout en haut aux claviers, et la puissance et la résonance de l’instrument qui emplit tout l’espace. Cela doit me venir de là, cette attention pour le son, la matière sonore, et puis cette envie de faire des chansons qui saisissent, qui font tout de suite entrer dans un univers. Plus tard je me suis mise à la guitare et enfin au chant, instrument qui est maintenant le plus important pour moi. Mais je suis contente de connaître le solfège et de pouvoir jouer plusieurs instruments pour m’accompagner. C’est une grande liberté.

Parlez nous de vos influences et de ce que vos parents écoutaient quand vous étiez enfant. 

J’ai des souvenirs de radio surtout, de la chanson française, mais rien que je n’aie trop aimé. Ma mère avait quelques disques des Pink Floyd, d’Elvis Presley et de René Aubry, le compositeur des pièces de Carolyn Carlson. J’ai un souvenir assez précis de ses pièces répétitives et nostalgiques. Et au conservatoire il y a eu le Stabat Mater de Pergolèse qui m’a beaucoup marqué, parce que je trouvais que c’était à la fois très sobre et très émouvant. J’ai plutôt découvert la musique avec mes amoureux. Sonic Youth a été un grand choc, et Cat Power aussi. Puis Joy Division, le post punk, The Residents, la musique minimaliste américaine (Steve Reich), Laurie Anderson, Kraftwerkt, la musique expérimentale, Max Roach, et plus récemment Chinawoman, ou Robi. Je suis venue à la chanson française très très tard, une fois seulement que j’avais commencé à écrire en français. Dominique A ou Bashung, je les écoute depuis un an ou deux seulement. Et maintenant, je trouve qu’il y a tellement de propositions fortes en français, comme Robi, La Féline, et plein d’autres, tous les groupes liés à La Souterraine par exemple, je trouve ça très réjouissant. Je ne sais pas dans quelle mesure on retrouve certaines de ces influences dans mes chansons. Ce que j’aime dans ce que j’écoute, et ce que j’essaie de faire, c’est d’être embarquée dès les premières notes quelque part, dans un univers fort. Et que chaque son soit à sa juste place. Ne surtout pas arranger pour arranger. Et puis être sur un fil aussi, jouer avec une certaine tension.

Racontez nous deux moments forts de votre vie musicale.

(j’en ai mis trois !)
Le premier, je pense que c’est quand j’ai chanté la première fois à une scène ouverte. C’était à Poitiers, une reprise de My funny Valentine, un standard de jazz, que j’interprétais à la guitare dans une version réarrangée, très folk. C’était un moment très beau, il y a eu un silence et une écoute très forte, j’ai senti qu’il s’était passé quelque chose, et j’ai bien aimé. Je pense que c’est pour ces petits moments magiques, que j’ai envie d’être sur scène, ces moments mystérieux où il se crée quelque chose avec le public. Au début j’avais la sensation que c’était dû à une certaine fragilité, un manque d’assurance. Je me suis longtemps demandée si avec le temps et l’expérience, cette fragilité allait disparaître et ce qui resterait alors. Et puis quelques années après, on me parle toujours de ma fragilité, finalement c’est peut-être juste de la sincérité, un caractère peut-être un peu timide, et une tentative ou une manière d’être juste soi-même.
Le second je dirais l’automne passé. Je jouais et chantais dans le spectacle Paradis Lapsus du chorégraphe Pierre Rigal. C’était une expérience très forte avec plus de quarante représentations dont vingt au Théâtre de Chaillot. C’était très différent de ce que je joue dans mes concerts, je chantais le répertoire d’autres musiciens, et je n’avais pas d’instruments à jouer, je pouvais bouger, danser tout en chantant, c’était super à faire, j’ai adoré.
Et puis le troisième a été au printemps dernier. Après avoir fait une première série de concerts , j’ai pris le temps l’hiver dernier de me replonger dans l’écriture, dans la composition, car je n’étais pas totalement satisfaite de ce que j’avais fait. De là a éclos Encore, qui est donc pour moi la première chanson qui correspond totalement à la musique que je souhaite faire, et dont je sois vraiment contente. Et son très bon accueil m’a beaucoup touché, j’ai eu énormément de retours spontanés de personnes que je ne connaissais pas.

Éclairez nous sur vos projets en 2015/2016.

Je sors mon premier EP, OISEAU, le 9 novembre prochain ! Il comportera 6 titres, dont Encore et Dolls, et a été enregistré et mixé par François Gueurce (ingénieur du son entre autres du dernier Babx, Cristal Automatique), qui a vraiment affiné le son du disque et amené une unité à tous les morceaux. On a enregistré entre mars et septembre 2015, et je suis très contente du disque. Il me ressemble. Et comme j’aime bien façonner les choses, je voulais un objet CD qui soit le reflet de la musique. On a pensé avec Alexandre Chenet, qui conçoit les visuels, une Édition Limitée du disque fabriqué main, avec un livret-affiche en risographie. Il y aura peu de tirages, nous les ferons à la demande pour les personnes qui les auront précommandés. C’est ici :http://www.microcultures.fr/fr/project/view/gisale-pape-ep-edition-limitae, et jusqu’au 9 novembre ! Et pour me voir en concert, ce sera le 20 novembre prochain à la MPAA Broussais, et le 1er décembre aux Trois Baudets. J’ai également commencé cet été une collaboration avec le musicien Thomas Mery, qui m’a invitée à l’accompagner au chant sur quelques morceaux à lui. Il a une écriture très personnelle, plus narrative, il déroule des petites histoires tout au long de ses chansons. Et comme nous sommes très contents du résultat, nous allons poursuivre !

Un dernier mot pour les lecteurs de SAOTW ? 

Merci à SAOTW de m’avoir interviewée et à vous de l’avoir lue ! Et comme on a beaucoup parlé musique, un peu de mots. Les mots d’Encore, qui j’espère vous parleront ! A bientôt !

ENCORE

Quand surgit l’envie d’un autre soir, combien encore
Il ouvrit, sourit, une autre porte, encore

Quand l’autre ouvre l’âme de tes oublis, si vite
Elle plonge dans ton miroir, et puis son corps te lie

Quand monte la peur de l’autre, tu seras à moi
Et si, après cette aube, il est déjà, encore le noir

Quand vient le songe, tu sauras le jour
Quand vient le songe, tu sauras le jour

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