Bertrand Betsch a accepté de prendre quelques minutes pour répondre à cinq questions sur son parcours artistique. Son dernier album est sorti le 18 novembre 2013 sur le label 03h50 et on y découvre un grand artiste généreux et attentif ; n’hésitez pas plus longtemps, découvrez le dans cette entrevue.

Photo : Stéphane Merveille

 

Tes débuts dans la musique. 

Cela remonte au milieu des années 80. J’étais en pleine immersion dans le mouvement new wave (et son dérivé sombre : la cold wave) qui sévissait à l’époque. Je faisais partie de groupes où j’étais tantôt bassiste, tantôt claviériste, tantôt guitariste, tantôt chanteur. On écoutait les Cure, Joy Division, New Order, Bauhaus, Siouxie and the Banshees, Tuxedomoon, Minimal Compact, Orchestre Rouge, Trisomie 21, Kas Product, Taxi Girl, etc. On faisait des reprises de certains de ces groupes. Je commençais à écrire des chansons de mon côté. Ce fut un long apprentissage. Je jouais et chantais comme un pied. Je prenais tout cela cependant très au sérieux. Je suis d’ailleurs le seul parmi tous les musiciens qui gravitaient autour de moi à avoir persévéré dans cette voie. L’expérience des groupes fut décisive. Je compris très vite que je ne pouvais m’épanouir au sein d’un collectif. Trop de bavardages, d’inertie, d’atermoiements, de lenteurs dans les processus de création, pas assez de motivation, d’ambition… A 18 ans j’ai acheté un magneto 4 pistes à K7 TASCAM et c’est là que tout a commencé. Seul face à moi-même je pouvais enfin commencer à creuser mon sillon.

 

Ce qui t’attire dans la musique. 

Ce n’est pas tant la musique qui m’attire que la chanson, c’est-à-dire la possibilité de conjuguer le verbal et le non verbal, le dit et le non- dit. La chanson est un moyen d’expression très complet. La musique exprime ce qui est au-delà du langage, ce qui ne peut être formulé. Elle a en charge l’infra, ce qui se loge entre les soupirs, les virgules, les silences. Elle est le vecteur des émotions les plus fortes et les plus subtiles. Les paroles qui viennent s’y greffer donnent la possibilité de faire passer de la poésie en contrebande. Pas de discours. Plutôt des fulgurances, des sensations, des affects, des mots d’amour, du désir, de la colère, de la détresse, de la tristesse, de la joie, comme des bouteilles jetées à la mer, des balles que l’on lance dans l’espoir que quelqu’un les attrape. Et puis l’interprétation, la voix humaine qui colore la phrase et qui lui confère un sens, une direction. La voix qui est comme l’âme de la chanson et qui nous permet de l’habiter, de l’incarner.

 

Le ou les évènements les plus marquants dans ta carrière.

Mai ou juin 1995. J’envoie une K7 avec une douzaine de chansons au label Lithium (c’est d’ailleurs le seul label à qui je l’ai envoyée). Vincent (le directeur du label) m’appelle quelques jours après pour me rencontrer. Il manifeste tout de suite un réel intérêt pour mon travail. Nous signons un contrat discographique en janvier 1996. J’enregistre mon premier album, « La soupe à la grimace », en août et décembre de la même année. L’album sortira au printemps 1997. Premier disque d’une discographie qui promet d’être longue mais également pleine de difficultés qu’il me faudra surmonter, contre vents et marées.

 

 

Clip signé Guillaume Carayol.

Ce que tu prévoies pour 2014.

Une année qui s’annonce très productive. Je suis dans un cycle où j’écris, je compose et j’enregistre beaucoup de nouveaux morceaux. J’enregistre aussi pas mal de reprises. Par ailleurs je remonte en surface des morceaux anciens auxquels je donne une forme définitive. Beaucoup de projets d’albums dans des styles très différents. Une nouvelle aventure avec mon nouveau label : « Les Imprudences » dirigé par Audrey Betsch. Des concerts dans différentes formules : seul, à deux avec mon guitariste Marc Denis, à trois avec le violoncelliste Nicolas Iarossi.

 

 Si tu as un message aux lecteurs du site.

Soyez ouverts, curieux, attentifs, aventureux. Ne vous laissez pas happer par les médias. Faites-vous toujours une opinion par vous-même. Gardez-vous de tout préjugé. Un artiste a une valeur intrinsèque qui est indépendante de considérations économiques. Il y a des artistes géniaux qui ne vendent rien et dont on ne parle pas et d’autres tout aussi géniaux et qui parfois font l’unanimité (ou presque).

 

Si vous souhaitez télécharger légalement son album, vous pouvez le retrouver sur iTunes et si vous souhaitez le découvrir en live, il sera aux Trinitaires à Metz le 21 mars prochain.

 

 

 

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