Qui a dit que le rock était réservé aux parents ? N’importe quoi. Grâce à Edgard Garcia et Evelyne Pieiller, les ados dès 12 ans pourront se forger une culture du rock et de ses origines très importante. Un livre initiatique qui donne envie à tous les âges. Prenez le temps de vous évader et d’écouter du rock ! Mais pour le moment, Evelyne Pieiller a accepté de répondre à quelques questions. 

  • Une histoire du rock pour les ados, est-ce vraiment pour les ados ?

Mais oui. Et pour les ex-ados. Ce qui fait du monde, d’après mon expérience.

 

  • Est-ce que votre livre peut être vu comme des fiches de révision en Histoire pour les ados qui passeraient le bac cette année ?

Pourquoi pas. Il y a de quoi apprendre ou réapprendre (voir réponse précédente). Mais s’il nous est apparu important de situer le rock et apparentés dans l’histoire collective dont il fait partie, je ne souhaite quand même pas que ce livre soit étroitement associé à l’angoisse du diplôme. Que les jeunes gens se servent de ce livre, c’est excellent: mais en se l’appropriant, et en gardant la bande-son.

 

  • Pourquoi avoir choisi de reprendre la pochette d’album des Sex Pistols comme couverture ?

Ah. Parce que le mouvement punk a été, toutes proportions gardées, une Nuit du 4 août:  désordre dans la hiérarchie artistique, refus du bon goût dominant, arrivée des exclus de la scène sur scène, prise de possession des outils divers pour faire entendre les silences et les dissonances.

 

  • Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?

Parce qu’il nous a semblé manquer. Il y a de grands livres rock sur le rock, mais il nous a paru qu’il n’y en avait guère qui racontait l’histoire politique et sociale  d’où emergeaient ces musiques, et encore moins à usage des adolescents d’aujourd’hui.

 

  • Les propositions d’écoute faites au fil des pages sont décidés à partir de vos goûts personnels ou ce sont vraiment les incontournables du genre ?

Les deux, bien sûr. Disons, si on veut absolument être francs, que nous considérons, avec une parfaite mauvaise foi, que nos préférences devraient être incontournables;

 

  • Justement, vous êtes deux à avoir travailler sur ce projet, comment s’est passé l’élaboration de ce livre ?

J’ai écrit, Edgard a relu, d’où réflexion sur les enrichissements nécessaires, notes etc. Et on re-relit, d’où… Sans oublier les listes de propositions d’écoute, établies ensemble, ce qui fut animé.

 

  • Comment êtes vous arrivés à vous passionner pour le rock ?

En tombant par hasard, et en retard d’ailleurs, sur le Velvet. Et après, c’est allé de mal en pis: pure passion pour Bowie, les Pistols, Syd Barrett, les Kinks, le rhythm’n’blues, liste non exhausive, découverte des concerts (Palace…)…

 

  • Quels sont les moments forts que vous avez vécu grâce au rock ?

Pour faire très bref: Kevin Coyne au Printemps de Bourges, avant U2. Public venu pour U 2, sourd à Coyne, à cette voix déchirante, en rage, ce fut splendide,et assez caractéristique — le public préférant le rock cathédrale à une voix qui dit la douleur et le faste de vivre. PIL au Stadium (lieu disparu), dans le 13e. Lydon chantant de dos, pour ne pas être une bête de foire, pour ne pas Sexpistoller, rester au plus près de ce qui est à vif. Petit public. Exactement inoubliable. Vince Taylor à l’Ile de la Jatte, dans un genre de restaurant. Vieilli, cassé, somptueux. Toujours en cuir noir, et ce n’était pas du folklore.

 

  • Sinon, quel serait le conseil que vous auriez à donner à un ado à qui vous proposiez de lire ce livre ?

C’est difficile…Peut-être de se rappeler comment c’est, quand on est amoureux: quand on a envie d’être un héros, qu’on sent qu’on est plus vaste que ce que la vie quotidienne propose. C’est ce que donne le rock: l’envie de ce qui manque pour être vraiment présent.

 

  • Un dernier mot pour la fin ?

Non, je ne sais pas vraiment faire ça… Juste peut-être souhaiter que le rock retrouve son pouvoir perturbateur.

 

Vous avez aimé cet article, partagez-le :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *