Tazieff, si vous ne connaissez pas, c’est à découvrir d’urgence ! N’hésitez pas à aller les voir en concert, mais en attendant prenez le temps de lire les réponses du groupe à mes questions, et ensuite vous irez les voir en live ! Je compte sur vous.

  • Tazieff, une signification particulière ?

L’année 2010 a été assez instable pour nous, et notre nouveau projet musical a pris forme petit à petit. Il nous a fallu un certain temps, des tâtonnements et pas mal d’empoignades viriles avant d’isoler la couleur sonore de ce qui allait devenir Tazieff. Pendant de longs mois on a joué sans avoir de nom, ou bien des noms provisoires (que la décence m’interdit de révéler ici). Le salut est venu d’une grande maison qu’on nous a prêtée, perdue au beau milieu de la campagne auvergnate. Un lieu isolé, accolé à une boite de nuit désaffectée où, au cours de deux sessions estivales, nous avons composé et enregistré notre album. Là-bas, le soir, il n’y a pas grand chose à faire. Alors on cherche un nom pour notre groupe. Chaque nuit “la guerre des noms” faisait rage, chacun campant sur ses positions tout en insultant copieusement ses camarades. Soudain un raccourci fulgurant, déclenché par une bouteille de vodka, a déchiré la nuit.

Auvergne = volcans.

Volcans = Tazieff.

Tazieff = un nom qui sonne bien pour un groupe de rock qui sonne bien.

 

  • Racontez nous un peu l’histoire de votre rencontre… 

Tazieff est né sur les cendres d’un autre groupe, Tribecca, avec lequel nous avons enregistré deux maxis et dont Chris (chant), Romain (guitare) et moi-même, Gilles (basse) faisions déjà partie. Lorsque notre batteur a quitté le groupe, on a continué à composer et arranger à 3, ce qui n’est pas chose aisée sans batterie, mais nous avons quand même pu poser les bases d’un nouveau son. On a aussi changé notre manière de composer en misant plus sur l’impro collective pendant nos répétitions et les nouvelles compos ont clairement pris une autre couleur. Avec l’arrivée de Dan, c’était le moment idéal pour lancer un nouveau projet.

 

  • Quels sont pour vous les artistes/groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?

Dans Tazieff, on est 4 et il y a 4 approches de la musique bien différentes. Perso  je viens de la funk et du hip hop. J’ai commencé la basse avec James Brown, Jamiroquai et les Beastie Boys dans une oreille, et Radiohead, Soundgarden et dEUS, dans l’autre. Chris (chant et guitare) est aussi un sacré mélange de genres : élevé à la new wave (Joy Division), avant de passer à la musique tzigane, au blues cradingue (Tom Waits) et plus récemment au rock prog minimaliste (the XX). Dan (batteur) a débuté par une voie “classique”, avec conservatoire, orchestre symphonique et cie, avant de sombrer dans Led Zep, Pearl Jam et la musique gnawa. Enfin, les riffs dirty et déglingués de Romain (guitares) trahissent son admiration pour le Jon Spencer Bluuueees Explosion, qu’il combine subtilement avec les plus grands standards d’Adriano Celentano.

 

  • Comment procédez vous dans la composition de vos morceaux ?

A quelques détails de bout de lyrics près c’est Chris, le chanteur, qui écrit dans Tazieff. La musique est d’une élaboration plus collective : bien souvent à partir d’une impro en studio. Une chanson peut naître de bien des façons à partir d’une ligne de basse, d’un pattern de batterie ou de quelques notes à la guitare. Parfois la structure et les arrangements coulent de source et tout se met en place comme par magie. Mais bien souvent il faut un travail artisanal de longue haleine avant qu’on sente que le point final est mis à la chanson….en écrivant ces lignes je m’aperçois que le point final n’est jamais mis en fait et que nos chansons continuent à évoluer au fur et à mesure qu’on les joue.

 

  • Parlons un peu de vos premières fois… Quel a été le premier concert auquel vous avez assisté ?

Je vais répondre en mon nom seul (Gilles, bassiste). Mon premier “vrai” concert, ce fut Aerosmith, à Bercy en 1993. Je vivais encore à Grenoble et je me rappelle avoir raté un jour de cours juste pour l’occasion. Même si Aerosmith n’a jamais fait partie de mes influences, en les voyant depuis la fosse, je me suis vraiment dit “merde, mais quel pied ça doit être, d’être sur scène…”. Pour l’anecdote, en première partie, c’était Extreme, célèbres pour leur ballade “More than Words”, mais qui faisaient plutôt un rock à mi-chemin entre les Guns’n’Roses et Van Halen. C’était pas si mauvais pour l’époque (surtout si on aime les solos de gratte de 8 min), mais leur côté rock FM a pas vraiment pu rivaliser avec l’arrivée massive du grunge au début des années 90’s, et ils sont vite tombés dans l’oubli. Bon, peut-être qu’Aerosmith aurait mieux fait de raccrocher aussi à ce moment-là… (rires).

 

  • Quel est le premier CD que vous ayez acheté ?

Pour ma part encore une fois, ce ne fut pas un CD mais une cassette : l’album “So” de Peter Gabriel. Alors ok, ça sonne pas très rock’n’roll comme ça, et je n’ai jamais trop accroché sur ses autres disques mais celui-ci fait partie des rares albums que j’écoute encore aujourd’hui et dans lesquels j’estime qu’il n’y a rien à jeter, autant au niveau de la composition, des arrangements, du chant que de la productionelle-même.

 

  • Quelle est votre première réaction/sensation lors de votre premier concert ?

Qu’il nous restait encore beaucoup de boulot pour devenir le groupe qu’on aspirait à devenir ! (rires)

 

  • Quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit quand on vous parle de musique ?

Passion.

 

  • Revenons un peu au groupe… quelles sont vos prochaines actualités ?

Nous serons en concert acoustique le samedi 6 avril à l’Index, loft/atelier/galerie d’art de la peintre Olga Ustabashieva, qui présentera également sa nouvelle exposition « Fiction ». Notre date suivante sera le vendredi 31 mai au Bus Palladium. Nous venons également d’enregistrer 3 titres unplugged, que nous diffuserons prochainement sur YouTube. On travaille sur l’écriture de notre clip, on sera en résidence au Tamanoir (Gennevilliers) début juin et on s’est remis sérieusement à compos en vue d’enregistrer un nouvel EP 4 titres d’ici la fin de l’année. Bref, chez Tazieff on est pas vraiment là pour beurrer les sandwichs.

 

  • Avez-vous quelque chose à dire à ceux qui vous liront ?

“Love and music will save us”.

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