Fin février, les C2C étaient de retour sur Bordeaux. Some are on the way en a profité pour remettre au goût du jour ce phénomène de l’année 2012 et qui continue de grandir en 2013 ! 
  • Quel a été le déclic qui a fait qu’aujourd’hui vous continuez votre route en tant que C2C ?

Greem : Pour nous quatre ça semblait évident. Il n’y a pas vraiment eu de déclic à part le déclic que nous avons eu en 2003/2004/2005 au moment où nous avons décidé de faire cet album (Tetra). On s’était dit qu’on voulait faire un album tous les quatre et c’est ce qu’on a fait. Bien sur, derrière il y a eu les projets Hocus Pocus d’un part, parmi d’autres, qui nous ont pris du temps et qui faisait qu’on avançait doucement sur l’album, mais il n’empêche qu’on a jamais laissé tomber. On savait au fond de nous que ce projet avait du potentiel et ça faisait plusieurs années qu’on l’avait ; il y avait donc des choses à faire avec. On ne voulait pas tout arrêter et on ne voulait pas non plus avoir deux projets en même temps. On a donc décidé qu’on attendrait, et c’est en 2010 qu’on a réussit à faire coïncider nos agendas et à mettre nos projets respectifs (Beat Torrent et Hocus Pocus) pour nous consacrer à 100% à C2C.

  • Expliquez nous un peu quel rapport vous avez avec les vinyles et vos platines ? Est-ce qu’un jour vous pourriez envisager de vous séparer de ce mélange entre instruments et platines pour composer ?  

Atom : C’est sur qu’on utilise obligatoirement des vinyles, mais il y a deux sortes de vinyles. Celui qu’on utilise pour fixer des sons et puis celui qu’on utilise avec un petit râteau qui est un moyen de contrôler à la fois le son et la vidéo. Quoiqu’il en soit, le vinyle a toujours fait partie de l’histoire de C2C et au début des compétitions on a utilisé des vinyles déjà existants ; on allait chercher du côté de Stevie Wonder, de Santana, de Véronique Sanson, et j’en passe et des meilleures (rires). Après, les vinyles à l’unité nous permettent de faire l’échange de mains et ça, c’est un truc qui nous a donné l’opportunité d’enregistrer nos propres samples, de ne plus être dépendants de la matière existante et de créer notre univers.

Merci à Bérénice Voituret pour cette photographie.
  • Parlez nous de votre manière de composer vos morceaux… 

Atom : La question ressemble à la précédente mais pas vraiment (rires). C’est vrai qu’à la base on travaille avec des sons prédéfinis, mais pour cet album en fait, on s’est fait nos propres samples, c’est à dire, qu’on a composé et qu’on a utilisé de vrais instruments (claviers, guitares, synthés…) et des instruments virtuels. Au final, le critère qui fait qu’on a gardé telle ou telle idée, c’était qu’on arrive à être tous les quatre d’accord, tout simplement. On faisait un vote à main levée, et puis voilà. On a commencé à bosser sur l’album par un mois de maquette ; on recherche chacun dans notre coin, et en un mois on s’est retrouvés avec des centaines de maquettes différentes. On a fait notre top 15 et c’est comme ça qu’on a fini par choisir.

 

  • Donc ce que vous cherchiez c’était pas forcément des morceaux anciens de votre formation, mais plutôt faire du nouveau, c’est bien ça ?

Greem : Oui ! Bien sur il y a quelques trucs qui ont ressurgi d’une session qu’on s’était déjà faite en 2006 comme par exemple le morceau Together qui était une ancienne maquette. Après on cherchait forcément à produire de nouveaux morceaux, mais on essayait aussi de coller toujours à l’esprit C2C ; c’est à dire, mélanger les différents univers musicaux avec des racines très hip hop et à ramener le côté aussi plus moderne electro qu’ont pu explorer encore plus Beat Torrent pendant leur carrière.

  • Votre album se balade dans beaucoup de registres différents, est-ce qu’on peut dire que la règle est qu’il n’y en a pas ?

Greem : C’est vraiment un projet où on s’éclate parce qu’on a une grande liberté par rapport à nos projets respectifs et puis, c’est surtout que ce soit Beat Torrent ou Hocus Pocus sont définis par certaines règles, alors avec C2C on essaye de pas trop se formater. Il y avait un style à respecter alors qu’avec C2C, on est vraiment sur des univers totalement différents que ce soit au niveau des époques ou des styles musicaux qu’on s’amuse à mélanger. Après, c’est pas non plus la foire, on essaye d’avoir ce fil conducteur, comme une colonne vertébrale très forte, avec une batterie très présente et une basse qui assoie le tout. Le tout est lié par le scratch qui reste quand même le fil conducteur. En tout cas, c’est clair qu’on ne se limite pas à aller chercher à aller puiser dans un seul univers musical, on va découvrir plein d’horizons différents autant qu’on peut.

 

  • Est-ce que pendant la composition du morceau, vous avez en tête le rendu que ça peut avoir sur scène ?

Atom : On a toujours le rendu dans un coin de la tête. Après, on a aussi deux visions différentes des approches des morceaux , c’est à dire que lorsqu’on bossait déjà sur les versions de disques, on pensait forcément que les gens allaient l’écouter dans leur voiture, dans les transports en commun, chez eux, donc on a vraiment pensé à faire cela en mode disque et du coup, on a préparé l’album. Après, on a repris ces mêmes morceaux et on y a réfléchit pour la scène et forcément en les faisant, on avait toujours le rendu sur scène en tête. On a toujours développé nos projets sur scène avant la version disque.

Greem : C’est ça, on a commencé le live sur l’EP et puis on avait cette intro sur scène… en fait, ce morceau n’était pas fini sur disque et on l’a plus bossé pour le live, c’est ce qui a permis au morceau d’évoluer et finalement d’exister sur l’album. Il a fallu l’étape live pour le faire vivre.

 

  • Pour vous, le visuel est aussi fort que le son ? 

Atom : Pour ce que l’on fait sur scène, ça a la même importance parce qu’on contrôle à la fois le son et l’image avec le disque par le biais d’un logiciel sur ordinateur ; finalement c’est vrai que ça a autant d’impact sur scène. Tout part de la musique quand même, et au niveau du ton, je pense qu’on passe autant de temps à se caler sur le son qu’à se caler sur l’image, je dirais même plus sur les images.

Greem : Il fallait apprendre de nouvelles manières de travailler sur les logiciels et bosser avec une autre personne. On est habitués à composer à quatre et il y a eu Rémi Paoli, l’ingénieur qui a réalisé les graphismes. Et pour boucler la boucle, il y a aussi eu ce travail avant la scène ; après l’image que tu lis sur les écrans pendant le live font partie d’un équilibre entre le son et notre prestation humaine, notre performance, c’est vraiment un ensemble.

 

  • Peut-on dire que l’aspect esthétique et minimaliste ressort énormément dans ce que vous faites et est-ce que dans votre processus créatif, aujourd’hui, la vidéo est indissociable de votre musique ?

Atom : C’est une extension de la musique en fait. Que ce soit en live, pour les clips ou sur des photos, tout est lié, d’autant plus aujourd’hui. Je prends plutôt ça comme une extension de l’univers qu’on essaye d’emmener avec la méthode par le biais des machines mises à notre disposition.

 

  • Et pour vous, toute la vague Birdy Nam Nam, Chinese Man et vous, à quoi cela est dû ? Qu’est-ce qui peut plaire dans votre musique et qui peut attirer le public en ce moment ?

Greem : Déjà, je pense que la musique plait tout simplement. Puis il y a aussi une manière de faire et d’adapter la musique électronique qui peut entrer en jeu. Je pense qu’il y a aussi beaucoup de gens qui s’intéressent à ce mouvement et beaucoup de scènes qui accueillent ces artistes. Certes il y a des clubs où les mecs vont jouer tard et qui sont véritablement des DJ Set et à côté, tu as toute la scène électronique qui commence avec tous ces groupes ou collectifs… Perso, j’ai l’impression que ça se développe de plus en plus de par la technologie et la scénographie qui représentent plus quelque chose à un concert comme ceux de The Shoes par exemple où il y a des concepts forts ; parce qu’aujourd’hui, les gens ne veulent pas voir simplement un mec s’agiter et danser, ils veulent du spectacle, après bien sur, ça reste deux choses différentes.

  • Est-ce que les improvisations sont possibles durant le live ?

Greem : Il y a un logiciel qui nous permet de contrôler le son et l’image, mais on contrôle le son et l’image en temps réel ; on a chacun sur son écran une partie sur un concept de forme donc on peut vraiment choisir de faire quelque chose d’épuré dans l’image, la vidéo ou des graphismes beaucoup plus complexes. En fait, au début, l’idée des quatre formes qui nous représentent, chacun va faire évoluer sa forme au fil du show et elles deviennent de plus en plus complexes pour résumer un peu, et donc le but, ça a été vraiment de faire en sorte que l’image amplifie les sensations que peuvent évoquer le son, et en fait, on a certains scratchs, certaines rotations de la forme qu’on peut transférer sur les écran. Le défi étant d’à partir de formes très simples, essayer de donner à ces formes des effets assez percutants qui suivent le son et amplifient les sentiments. Quand on voit les images de F.U.Y.A. qui a au final un visuel très fort, c’est marrant de voir la réaction des gens qui sont vraiment scotchés comme s’ils étaient au Futuroscope (rires).

Atom : Au niveau de l’improvisation, c’est assez difficile quand on sait que l’image et le son se croisent. Le côté improvisé sur le vif est intéressant, c’est sur, mais le rendu n’est pas toujours au rendez-vous, de notre point de vue, on préfère avoir quelque chose d’assez clair. Après, à l’intérieur des morceaux, on a quand même des petites plages où on va pouvoir se permettre des petites fenêtres d’improvisation où on sait que de tel à tel moment on a tous tel son, mais rien n’est vraiment calé et là, ça fonctionne !

 

  • Est-ce que certains membres du groupe sont passés par le conservatoire ou autres écoles de musiques ou êtes vous tous autodidactes dans l’approche des techniques que vous utilisez ? 

Greem : On se définit comme des bricoleurs. On a pas eu besoin d’aller au conservatoire, de savoir écrire la musique ou d’utiliser le solfège. Je pense qu’on sait tous bidouiller plus ou moins et qu’on a  joué quelques trucs à la gratte plus jeune. Mis à part 20syl qui a un passé musical plus important parce qu’il faisait de la batterie, on a eu des expériences musicales mais je pense que c’est vraiment la platine qui nous a poussé à nous mettre à la production de morceaux. Quand tu te mets à bidouiller, tu as plein d’instruments virtuels qui aident à comprendre comment fonctionne l’instrument. On est tous ultra curieux et on va voir ce qui se passe derrière les disques, comment ça a été enregistré, etc. Au final, notre méthode de travail est très axée sur le bricolage, le sampling, le découpage et une fois qu’on a lié tout ça, on enregistre. On ne va jamais jouer une partition de A à Z ; par exemple F.U.Y.A., on jouait la basse et on la répétait au moins 20 fois et quand on trouvait celle qui sonnait le mieux, on l’isolait et on la ressortait, on la rescratchait… c’est un travail un peu bizarre mais dès qu’on a besoin d’un mec qui sache jouer d’un instrument qu’on ne sait pas du tout utiliser, on fait appel à un professionnel.  Ce qui ne nous empêche pas de prendre les devants comme on l’a fait sur nos morceaux, mais on avait parfois vraiment besoin de phrases plus humaines et virtuoses. On sait bidouiller mais quand tu veux vraiment de l’authentique, tu fais appel à des gens qui maîtrisent leur sujet.

 

  • Et en tournée, ça se passe comment ?

Atom : Ca se passe super bien ! Ca fait longtemps qu’on se connait, on s’est rencontrés au lycée, donc on s’est habitués à vivre ensemble et à passer du temps tous ensemble, on se prend pas trop la tête. Voilà, ça se passe super bien. Après que ce soit avec Hocus Pocus ou Beat Torrent, on est tous passés à un moment ou un autre par le stade 0 à faire des petites salles, de se retrouver un soir pour un concert sur Paris bien rempli et super cool et le lendemain être dans une autre ville, une petite salle et là, tu as deux personnes et tu mets plusieurs mois à construire un truc… Ce qui n’a pas été le cas avec C2C, on est arrivés direct sur des bons festivals et de bonnes salles.

Greem : C’est vrai qu’avec Hocus Pocus et Beat Torrent, on a eu des fois de mauvaises conditions techniques et un public pas toujours présent… Alors que là, on est portés par le succès et c’est toujours agréable d’arriver dans une salle complète. Et ça aide vraiment à ce que la tournée se passe bien… la fatigue et le reste, faut juste gérer, c’est pas le plus important.

 

  • Justement, c’est complet tous les soirs, qu’est-ce que vous ressentez ? 

Greem : C’est chiant (rires) ! On est comme des gosses, on s’en amuse et on s’en étonne à chaque fois, et tant mieux. Franchement, ça arrive super vite et ça arrive pas beaucoup de fois ce genre d’occasion de vivre une expérience comme celle ci. Je pense qu’il faut la vivre pleinement et apprécier chaque instant. On a bossé beaucoup pour cet album et on a un univers qui est très particulier et de voir comme ça se répandre et de se voir apprécier. Ca touche forcément.

 

 

 

 

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