The Wind, c’est LE duo à découvrir d’urgence ! Ils sont jeunes mais ils réussissent à obtenir un résultat quasi parfait, comme quoi, Corneille avait bien raison quand il disait : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Leur dernière chanson s’amuse à se promener entre l’anglais et le français, le tout, avec une harmonie qui impressionnerait même le plus aguerri des mélomanes. C’est avec le sourire que Benoit Dubief (sur la photo ci-dessous) a accepté de répondre à mes questions, alors, ne ratez pas l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce « petit » groupe loin d’être arrivé au bout du chemin ; en effet, la route est encore longue, et ce, pour notre plus grand plaisir!

  • The Wind, pour toi, qu’est-ce que ça représente ?

Une bonne partie de ma vie maintenant ! D’un point de vue strictement musical, je dirais que c’est en The Wind que je concentre toutes mes influences, toutes mes inspirations, toute ma passion pour ce qui me fait vibrer au quotidien, qu’il s’agisse de musique ou de n’importe quoi d’autre. C’est un moyen d’expression particulièrement complet à mes yeux. Un véritable terrain de jeu.

  • Tu parles de « moyen d’expression », es-tu plutôt du genre à faire des morceaux autobiographiques ou est-ce que tu considères ton quotidien comme une inspiration parmi d’autres  ?

Sans pouvoir véritablement trancher, j’accepte sans hésiter le fait que le quotidien m’influence. Je trouve que c’est une bonne chose d’ailleurs. Certains textes pourraient quasiment être assimilés à quelque chose d’autobiographique (au point que lorsque je ne prends pas le temps de vivre de véritables moments, je manque parfois cruellement de matière artistique !) tandis que pour d’autres la réalité est juste une donnée qui vient colorer le morceau, pas la composante fondamentale. Avec le temps, je prends plaisir à m’orienter vers l’écriture de textes concernant des sujets de réflexion qui dépassent le cadre individuel ; l’existence humaine, le matérialisme, l’individualisme, et bien évidemment la passion, le désir, l’amour, toutes ces faiblesses ou ces forces qui font de nous des êtres de chair et d’os capables d’accomplir de grandes choses, à tous points de vue.

 

  • Vous êtes un duo pour le public, un groupe sur scène, mais comment se passe la composition ? Tu t’occupes de tout ? ou seulement des paroles ?

En ce qui concerne la composition, je m’occupe de toute la production. Elle passe par l’écriture, la composition, l’arrangement, l’enregistrement et enfin le mixage/mastering.

 

  • Bon, parlons de l’image du groupe maintenant. Vous adoptez un look british en rapport avec vos influences j’imagine ?

Obviously !
Et au-delà des influences, il y avait quelque chose de plus profond. Parmi mes références guitaristiques, j’ai été bercé assez tôt par les riffs de -M-, et dans un livre photo qui retrace la composition de l’album Qui de nous deux puis son avantour, il écrit : « On écoute aussi avec les yeux. Peu de musiques ont marqué sans visage. ». C’est tellement vrai. Ces deux phrases ne m’ont plus jamais quitté par la suite. J’ai trouvé ça presque évident, au vu des influences britanniques, du goût du rétro, à tel point que dès la création de The Wind en 2008, la tenue réglementaire pour les concerts à venir s’imposerait par le biais du costard cravate. Et pas porté négligemment comme de nombreux groupes de rock des années 2000, mais tiré à quatre épingles, millimétré, avec des variations stylistiques, d’où le costume intégral pour moi et le noeud papillon et bretelles pour Bastien par exemple. C’est une réinterprétation personnelle du look sixties. J’aime l’idée de faire du rock tout en restant élégant sur scène. C’est un message particulièrement important que nous essayons de véhiculer, et la marque de fabrique indissociable de The Wind.

 

  • Parle moi un peu de ce que tu écoutes, de l’univers musical dans lequel tu as grandi, si ce que tu écoutais étant plus petit a eu une influence sur la musique que tu fais aujourd’hui…

Mes parents ont toujours été assez mélomanes, et j’ai baigné très tôt dans un environnement assez musical, même si personne ne joue d’un instrument dans ma famille. De ce côté-là, je fais plutôt figure d’exception. Mais pour le reste, j’ai eu la chance de pouvoir accéder à tout ce qui se faisait avant l’iPod et le mp3 en matière de musique portable : lecteur CD (avec la fameuse fonction anti-choc 90 secondes qui tue), Minidisc, vieille radio FM à piles, et même Walkman à cassettes, avec les mixtapes faites maison que tu enregistres à partir de la radio et qu’il faut rembobiner au stylo en vérifiant que tu es bien sur la face B (j’ai pris un coup de vieux là, ça me paraît tellement loin…). Je dirais qu’entre 4 et 10 ans, j’ai beaucoup écouté de pop commerciale, qu’elle soit française ou anglo-saxonne. Mais avec le recul j’ai une affection toute particulière pour la « soupe » des années 2000 car je trouve qu’elle avait malgré tout beaucoup plus de musicalité que celle d’aujourd’hui. Ensuite, j’ai beaucoup forcé le trait sur la musique anglo-saxonne, mais toujours avec des orientations assez éclectiques. Il y avait de l’électro, du disco, de la pop, et du rock bien évidemment. Je pense qu’au fond, ce qui me fascine dans la musique, c’est la mélodie, pas vraiment le genre. Je me prends d’ailleurs régulièrement la tête avec mes proches quand je leur fais écouter mon morceau coup de coeur du moment, qu’ils sont dubitatifs et qu’une version acoustique ou un remix électro plus tard, ils trouvent ça formidable ! Je ne suis pas vraiment sensible à la forme, mais au fond. C’est pourquoi malgré mes goûts très typés rock british depuis 6 ou 7 ans, je peux être influencé par n’importe quoi d’autre d’extérieur à ce genre, tant qu’une mélodie m’emporte et ne me sort pas de la tête. Je dois reconnaître qu’en revanche, Deezer et surtout Spotify ont été des petites révolutions pour moi depuis 3-4 ans. Ils valent toutes les Fnac de France à eux seuls quand tu aimes faire de nouvelles découvertes ! Avec eux, tout est possible, même l’overdose de musique…

 

  • Et en ce moment, quel est ton coup de coeur musical ?

S’il fallait choisir un morceau particulier, ce serait Little Numbers du duo féminin allemand BOY que j’écoute pas mal depuis quelques jours. Et en ce qui concerne un album entier, je dirais Nobody’s Hotter Than God de Soma.

 

  • Toujours en relation avec tes influences, y’aurait-il un artiste qui t’aurait réellement donner envie de faire de la musique ? 

Pas vraiment un artiste, mais quand j’étais petit je rêvais d’être guitar hero, de pouvoir faire d’incroyables solos de guitare électrique. Dès le conservatoire, lorsque j’avais 7 ans, mon professeur de guitare classique, Pascal Polidori, était le meilleur élève d’Alexandre Lagoya, et un véritable virtuose. Même si ce n’était pas du rock, j’étais fasciné par le côté spectaculaire de la maîtrise de l’instrument. Du coup, les premiers artistes qui m’ont inspiré étaient des solistes chevronnés : Jimi Hendrix, Eric Clapton, -M-, Eddie Van Halen, Angus Young ou encore Chuck Berry. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la composition musicale d’un point de vue plus global que je me suis tourné vers d’autres artistes, et les Beatles en premier lieu. Mais je ne regrette absolument pas de m’être intéressé aux aspects purement guitaristiques de la musique, notamment pour les concerts !

 

  • Que représentent les Beatles pour toi ?

Tout. La maîtrise musicale, pas nécessairement technique (j’entends par là que de nombreux musiciens sont bien plus doués techniquement que les Beatles), mais mélodique. Elle est absolue, intemporelle, et donc authentique, viscérale. C’est beau, tout simplement. Il faut un talent, une sensibilité et un esprit incroyables pour imaginer ce qu’ils ont su imaginer. Jeter les bases de la pop pour des décennies. Au-delà de la musique, ils incarnent pour moi la quintessence du succès artistique et populaire, la qualité en quantité. Aujourd’hui, pour évoquer les ventes des Beatles, on ne parle pas en millions, mais en milliard. Personne ne les a battus. Absolument personne. Et même si ce fut à leur grand dam, c’est bien le seul groupe du monde dont les cris d’hystérie du public ont couvert 100% de leur musique à chacun de leurs concerts, au point que ceux-ci en soient quasiment inaudibles ! J’ai beaucoup d’admiration et de respect pour eux car ils sont un véritable plébiscite de la vraie musique. Quant à leur humour, leur subtile arrogance et leur style typiquement britannique, c’est la cerise sur le gâteau. On devrait faire écouter Hey Jude au moins une fois à tous les enfants qui rentrent au cours préparatoire, je parie que le top 50 des 10 ans à venir serait complètement bouleversé !

 

  • Tu me parles du Top 50, justement, quel est ton avis sur ce qui peut se faire aujourd’hui en matière de musique populaire et vis à vis de la place laissée aux groupes émergents ?

Je n’ai pas vraiment de certitudes à ce niveau-là. D’un côté, il y a beaucoup de musique très formatée et sans saveur qui sort et marche parce qu’elle est matraquée 24h/24 par les chaînes TNT et les radios. Ceci dit, même si j’ai une vision relativement pessimiste de la musique grand public, il faut reconnaître que la musique de qualité continue d’accéder de temps en temps à une notoriété planétaire. Je ne fais pas partie des gens qui dénigrent une musique sous prétexte que tout le monde l’écoute, et qui vouent une espèce d’admiration irrationnelle, presque malsaine et identitaire pour la musique indépendante et ce que personne ne connaît, comme si c’était un gage qualitatif et un argument irréfutable. Seule la musique doit primer, qu’elle soit connue ou non. ADELE a beau être écoutée par des millions de gens, je suis ravi qu’une artiste comme elle réussisse à faire jeu égal avec Lady Gaga ou Justin Bieber, et je prends beaucoup de plaisir à écouter ses morceaux. C’est de la très belle pop. Donc je crois qu’il ne faut pas généraliser. Il y a encore une place et une demande massive pour la qualité, simplement il faut qu’elle soit en adéquation avec certains codes contemporains et c’est une des plus grandes difficultés, un des plus grands défis à relever. Et paradoxalement, qui aurait pu croire que le dubstep, par exemple, connaitrait une telle envolée depuis quelques mois ? C’est une musique qui n’a rien d’accessible, et pourtant, elle explose, au-delà des pionniers tels que Skrillex, jusque dans l’électro/pop avec des titres comme Too Close d’Alex Clare. Jusqu’à quand, je ne sais pas, mais c’est un exemple parmi tant d’autres. La seule chose qui est communément admise, c’est que le rock perd du terrain. Il reste de nombreux aficionados mais le grand public ne suit plus forcément, même dans les pays historiques du rock comme le Royaume-Uni. Mais je pense que ce n’est pas nécessairement révélateur d’une tendance. Qu’il s’agisse de rock, d’électro, de pop, de R’n’B ou de rap, les gens veulent des tubes, ils veulent littéralement consommer un titre, rien d’autre. Jusqu’à saturation, où ils se mettent alors à passer à autre chose. Ce genre de schéma est plus difficile à reproduire avec le rock, son univers assez riche et ses albums qui nécessitent d’être écoutés dans leur totalité pour en apprécier la cohérence. Mais des vagues rock comme le courant britpop des années 90, avec des groupes comme Oasis, Blur ou Supergrass, pourraient très bien se reproduire. Et puis la scène des années 2000-2010 n’a pas démérité non plus : le garage rock avec les White Stripes, les Black Keys, la britpop avec les Kooks, le rock alternatif avec Arcade Fire ou encore la pop avec Phoenix. Tous ces groupes sont malgré tout de véritables succès grand public. Même en France, les BB Brunes ou encore Izia semblent s’être implantés durablement dans le paysage musical et marchent très bien. Les vétérans continuent aussi d’être présents d’une façon ou d’une autre : U2 a sorti un nouvel album, AC/DC aussi, Led Zep et les Stones continuent de tourner (Mick et sa bande enregistrent même quelques nouveaux titres), les Red Hot sont également actifs, et les Beatles parviennent encore à se hisser au sommet du top 10 dès qu’ils ressortent tout frais et remasterisés sur iTunes. En plus de ça, on a maintenant de grosses machines pop et rock qui partent d’une véritable intention musicale à la base, et qui se sont transformées en usines à hits, même si c’est au prix de quelques concessions artistiques, comme Muse ou Coldplay. Autrement dit, rien n’est figé, tout reste à faire. Et je ne parle même pas de la scène indépendante qui fourmille de bonnes idées. De nos jours, tout a tendance à se mélanger, les styles se confondent, et ce n’est peut-être pas plus mal que la musique soit moins cloisonnée qu’auparavant.

 

  • C’est donc pour cette raison que nous pouvons retrouver différentes influences et différents styles de musique dans la musique de The Wind ?

J’ai écouté tellement de choses différentes. D’ailleurs je ne compte pas m’arrêter, et je continue d’écouter tout et n’importe quoi, par simple curiosité, par boulimie musicale (je rêverais d’avoir la possibilité de tout écouter dans ma vie, de tendre vers une forme d’exhaustivité et d’érudition sonore), qu’au final ce qui prime, c’est le rêve, l’émotion. Et effectivement, il n’est pas rare qu’à l’intérieur du canevas résolument rock que j’ai envie d’insuffler en permanence à The Wind, certains délires qui n’ont absolument rien en commun avec l’orientation en question viennent s’immiscer. Dans Life Still Goes On par exemple, j’étais obsédé par l’idée d’introduire à la fin du morceau un passage parlé, très grave, avec un véritable flow, des rimes, quelque chose de très proche du rap. C’était totalement nouveau pour moi, et j’ai trouvé très excitant le fait de devoir me remettre en question musicalement, trouver le moyen de rendre cette idée harmonieuse au sein d’une chanson qui mélangeait déjà une essence rock à quelque chose de groovy. En plus, on prend un pied fou à le reproduire sur scène.

 

  • Parlons en de cette chanson.. elle sera sur un prochain EP, où et quand sera-t-il disponible ? 

Absolument ! Le single est annonciateur du prochain EP, Keep Dreamin’. Pour le reste, je ne peux rien dire, si ce n’est keep waitin’…

  • Hormis cet EP, y’a-t-il d’autres actualités prévues pour 2013 ?

Au niveau des nouveautés, on va faire quelques sessions acoustiques à Cannes. C’est tout nouveau pour nous. Ce sera du The Wind dans son plus simple appareil : juste le duo, Bastien et moi, deux guitares, deux voix, et c’est tout. J’aime assez l’idée de tester l’efficacité des chansons en acoustique, sans rien de superficiel, et d’être proche du public, dans une atmosphère plus chaleureuse. Cette proximité, cet aspect plus calme laisse moins de place à l’erreur, comparé à l’énergie et la puissance brute du rock. En acoustique, dans une petite salle, on sent les gens nous observer, on les sentirait presque respirer. S’ils sont sceptiques et qu’on fait un bide, il n’y aura pas les watts pour nous sauver. C’est une école de la rigueur et c’est aussi une occasion d’aller à la rencontre des gens de façon beaucoup plus profonde. Ensuite, j’aimerais bien tourner un ou deux clips, et probablement faire pas mal de scènes d’ici cet été, en France ou ailleurs, en fonction de là où on atterrit. Quelques radios ne sont pas à exclure non plus. Tout ça se met en place petit à petit. C’est un travail de longue haleine.

 

  • Quelque chose à ajouter ?

John Lennon philosophe beaucoup mieux que moi. Je préfère lui laisser le mot de la fin.

« Life is what happens to you while you’re busy making other plans. »

Vous voulez en savoir plus sur The Wind ? Rien de plus simple, il vous suffit de cliquer sur les différents liens : 

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Le groupe sera en concert samedi 9 février (donc demain soir) au festival ICAM (le teaser de la soirée => ICI ) à Toulouse ! Alors, Toulousaines, Toulousains, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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5 commentaires

  1. BOURBON Monique

    Plus qu’une admiratrice, une mamie d’adoption très fière de toi mon Benoit. Claudine a en toi sa plus belle réussite.
    Que de ressemblance avec Bastien qui pourrait être ton frère!!
    En attendant de vous suivre à Toulouse ce soir, je vous embrasse tous les 2 et encore toutes mes félicitations. Que du bonheur à vous écouter. Monique

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  2. zuili

    Bravo BENOIT c’est super

    Eva et Victor

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  3. Les Dudus de Pouilly

    Quel talent !!
    Quelle belle gueule !!!!

    le succes assuré ….

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  4. DUBIEF Claudine

    Quand tu es rentrée en première année de CP, le directeur de l’école m’avait dit « Il a quelque chose de particulier ce petit »….Voilà 19 ans que je vis « le particulier » et que je te remercie de tout le bonheur que tu offres à ta mère en dehors de celui que tu offres à tes fans.
    Longue route.

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  5. juliemagrinsala

    super. j adore. vivement que vs veniez faire des concerts a lyon je serais la premiere a prendre ma place. bonne continuation bises

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