On va commencer par une question un peu basique, The Prussians, une signification particulière ?

Maxime : Alors il y a un truc qui nous énerve assez avec Clément c’est que c’est pas The Prussians mais LES Prussians parce que justement The Prussians est un groupe qui existe aux Etats-Unis. enfin un truc obscur de folk, qu’on a trouvé . Donc c’est Les Prussians et d’ailleurs ce soir aussi l’organisateur a mis The Prussians , on leur dit bien c’est Les Prussians. et après je sais pas, je laisse Simon en parler.
Simon : A la base Les Prussians c’est un groupe qui s’est formé il y a 5 ans et donc avec François et un ami de collège et le nom, du coup, venait à la base d’une veste qui faisait veste prussienne de l’armée prussienne et un peu dans le délire de Jimi Hendrix qui en portait sur scène ou encore Sergent Pepper et voila on a voulu s’appeler Les Prussians. Et après on a gardé ce nom parce que ça faisait partie de notre identité. Pour nous, c’est juste une symbolique, Les Prussians , c’est des petits soldats avec leurs tambourins accrochés comme ça à leur truc et qui font  » tac » . Les marches prussiennes avec le clairon qui sonne et voila ça donne un peu le genre guerrier , seul contre tous. C’est un peu de tout ça dont on parle. Et juste une dernière chose, ici, on se bat, on n’a pas de manager, on fait tout nous mêmes, et c’est un peu ça Les Prussians, cet esprit de conquête.

Donc l’idée de monter un groupe est apparue dans un délire, entre potes . Vous vous etes dit : « allez on va monter un groupe » et puis finalement ça a pris de l’ampleur. Comment ça s’est passé ?

Achille: Disons, que nous faisons tous de la musique à la base, et si on fait de la musique, c’est pour jouer dans un groupe. Quand on s’est rencontrés, on avait les mêmes idées en tête par rapport à nos projets musicaux, et du coup s’est venu comme ça. A la base, c’était pas forcément ça, on était juste trois collégiens qui se sont dit qu’ils allaient monter un groupe de rock, parce que tout le monde avait un groupe de rock. Mais c’est vrai que maintenant, on joue en groupe, parce qu’on aime être tous ensemble, c’est notre façon de fonctionner à la base. Il n’y a plus aucun membre original du groupe, on s’est tous greffés au fur et à mesure.

Tu es le seul survivant, Achille ?

Achille : Oui c’est ça ! Le groupe s’est créé il y a 5 ans et la formation actuelle, il y a 4 ans qu’elle existe. Après les autres membres du groupe sont venus au fur et à mesure des rencontres avec des musiciens qui partaient et d’autres qui arrivaient avec de belles idées.

Vous êtes jeunes on l’a compris vous vous débrouillez un peu tous seuls pour tourner comme ça..

Clément: Complètement. A la base, on fait tout tous seuls, nos pochettes , on a embauché absolument personne pour nous aider . On a tous joué de nos talents pour arriver à faire ce qu’on arrive à faire aujourd’hui.

Donc gérer à la fois la construction des morceaux , le jeu sur scène , le management , les cours ….ça fait pas un peu trop ?

Maxime: ça fait beaucoup mais c’est pas trop. C’est presque un besoin pour nous, on en a trop envie pour abandonner. Quand on aime, on ne compte plus, c’est bien connu ! (rires) On essaye d’en faire une sorte de compromis, on s’aperçoit malheureusement qu’on peut compter que sur nous au final. On a personne, Some are on the way est un des premiers webzines qui s’intéresse à nous. Sinon, tout ce qu’on a obtenu, on a du aller le chercher, que ce soit au niveau des concerts, des dates qu’on a eu en province, l’EP qu’on fait, c’est la seule rencontre où un producteur a misé sur nous, le reste c’est en auto production. Et puis c’est même pas que c’est compliqué, c’est que cela s’impose à nous, alors si on veut avancer avec le groupe, on n’a pas le choix. C’est, soit tu restes dans le placard, soit tu répètes tous les dimanches, soit tu essaies de construire quelque chose, et ça te prend fatalement du temps.

On a aussi remarqué que vous chantiez en anglais . Est ce que c’est dû à vos influences ou il y a une autre raison pour que vous n’aimiez pas trop écrire en français… et qui écrit dans le groupe déjà ?

Simon : Déjà toute la musique qu’on écoute est anglophone et après écrire en français sur la musique qu’on fait, j’avoue, que j’ai essayé et pour l’instant j’ai pas le niveau pour le faire. J’estime qu’il faut avoir un niveau pour ça. Je veux avoir quelque chose qui sonne et pour l’instant le français j’y arrive pas. J’y travaille. Peut être qu’un jour on va y arriver et pour l’instant c’est pas encore ça et l’anglais je le parle assez bien et j’arrive à exprimer ce que je pense et ce que je veux que les gens ressentent et à partir de là on est très bien là dessus et ça sonne à mort.

Maxime: Juste pour compléter on a la chance aussi de pas mal voyager. Simon arrive aussi d’une tournée qu’il a fait à Glasgow comme il est dans une école de musique avec un autre groupe et je pense que c’est pas mal le voyage. A chacun les voyages nous ont embarqué dans la culture anglo saxonne. Moi je viens de passer un semestre au Canada et c’est vrai que l’anglais de plus en plus on le parle d’une manière mondiale donc ça s’impose naturellement, ça ne devient pas juste d’un choix. Et puis aussi il y a le fait qu’avec les nouveaux moyens de communication comme Internet on ne fait plus de la musique pour sa région. Les distances se sont extrêmement raccourcies, du coup, on est obligés de faire de la musique pour tout le monde et c’est tellement plus facile de communiquer en anglais qu’en français , ça s’impose un peu en fait .

Pour revenir un peu à vos influences , justement dans quel univers vous avez grandi? Est ce que vous vous retrouviez dans les CD de vos parents , est ce que ça a vraiment influencé ce que vous faites aujourd’hui ou c’était totalement différent ?

Achille : Mes parents sont vraiment classiques, ils travaillent dans le monde du classique. Ils sont musiciens et moi je n’ai pas du tout, c’est moi qui m’ait fait ma culture rock, funk et tout ça. C’est totalement approuvé par mes parents, mais après, il y a des cas totalement différents dans le groupe, où c’est totalement le contraire. Simon, par exemple, il a baigné dans le rock toute son enfance, avec son père ils faisaient des trucs vraiment géniaux, que j’ai toujours adoré et que j’aime encore maintenant.

Clément:Moi je sais que si mon père n’écoutait pas ce qu’il écoute, je ne jouerais pas de la trompette aujourd’hui ; il écoute du jazz, il a, je ne sais pas, 3000 CD à la maison. Donc forcément, j’ai été amené à écouter ça et c’est ce qui m’a fait aimer et jouer de la trompette, et les styles qui vont avec.

Maxime:Moi c’est mon père qui m’a appris la guitare, il a une tonne de vinyles, ça va de Cactus à Jeff Beck, enfin tous les trucs bien rock et funk de leur époque, dans mon cas, ça m’a bien intéressé.

C’est une chance aussi pour vous, parce qu’apparemment vos parents approuvent ce que vous faites, ils vous laissent partir à l’aventure comme ça. Tous les week ends ?

Simon : On veut partir, on ne leur laisse pas le choix. Après, on va rarement dans toute la France. Personnellement, je veux devenir musicien et forcément ça les inquiète. Parce qu’ils se disent musiciens = drogués = pauves = aïe le porte-feuille. C’est ce genre de choses, mais du coup, ça vient quand même d’eux, de mes parents, de mon père surtout cette passion pour la musique. Mais au final, j’ai leur soutient.

Vous avez fait un concert à Bordeaux … Pour parler un peu des concerts , est ce que vous avez un souvenir de votre tout premier concert dans cette formation là ? Est ce qu’il y a quelque chose qui vous a vraiment marqué pendant ce concert ?

Clément : A Paris ou en province ?

Le premier concert avec les Prussians.

Achille: Ca, on s’en souvient forcément. Surtout que moi, j’étais là pour le tout premier concert des Prussians. C’était vraiment drôle. On avait 15 ans, c’était à Paris et il y avait un engouement pour le rock en 2007 à peu près tout le monde allait voir tout le temps des concerts de rock, c’était bourré à craquer, c’était un grand truc et c’était vraiment drôle ! Enfin, c’était un bar à couscous minable, il y avait une ambiance de dingue.

Clément: Et le deuxième souvent qu’on peut citer, parce qu’Achille parle de la toute première aventure des Prussians, mais la deuxième était celle où on était vraiment tous ensembles. Ce qui est cool, c’est que c’était le premier concert de Simon. Il n’avait pas fait de guitare ni de chant avant, c’était son premier groupe ! On a eu la chance d’avoir des gens qui avaient vu les deux prestations et ont pris une vraie claque sur le premier concert où on était en formation définitive. Là, on s’est dit qu’il y avait vraiment un cap qui avait été franchi, et qu’on était dans le bon sens. Un bon souvenir là dessus, en plus il n’avait plus de voix à la fin, rien que pour ça, c’était cool, on savait qu’il avait tout donné, toute son énergie en tout cas.

Et comment du côté des musiciens vous percevez la nouvelle scène française ? Que ce soit à Paris ou en province, de ce que vous avez pu voir pendant votre tournée ?
Simon : Elle est très riche. On rencontre des groupes partout, qui marchent bien.Tu peux vraiment faire ton business tout seul. On a rencontré des mecs comme les Hangar, les Popopopops. A Rennes, il y a une scène énorme. Mais il n’y a plus de grand mouvement, et ça, ça peut manquer. Il peut y avoir une scène dans une ville, mais ça ne dure pas, on l’a très bien vu à Paris. Ca dure deux ans et après ça se casse la gueule, donc c’est vrai que c’est un peu partagé. Il y a de la richesse, mais pour sortir vraiment du lot, ça devient plus compliqué.

Clément: Ce que je déplore dans la nouvelle scène, entre guillemets, c’est que ce soit à Paris, Bordeaux ou Montpellier ou n’importe où, c’est qu’il n’y a aucune collaboration véritable. C’est très hypocrite, il n’y aucune, enfin je pense que tout le monde y gagnerait si tout le monde s’aidait un peu plus et essayait de chercher ce qu’il y a de bien chez les autres plutôt que de se taper dans le dos.

Pour 2012, quelles sont les prochaines actualités ? Est-ce qu’il y a un autre CD qui va sortir, est-ce que vous comptez enregistrer d’autres morceaux ?

Simon : Le but pour 2012, c’est de sortir un album, continuer les concerts, composer…

Ca fait rire les autres apparemment.. ?

Les autres: On était pas au courant (rires)
Maxime : A court terme, les faits qui sont sûrs, en Juin on se laisse du temps pour préparer un gros concert à Paris, ce sera le 30 juin, ça c’est sur. C’est grâce, d’ailleurs, à Nicolas, notre nouveau guitariste. Donc ça c’est pour le court terme après à la rentrée ce qui va se passer, je préfère parler plutôt au conditionnel. On a une bonne chance de se faire accompagner pendant un an et demi par les rares qui nous soutiennent vraiment, la salle Du Plan, dans le 91, justement, et ils vont miser sur nous, c’est à dire qu’ils vont nous former à tout ce qui est autour de la musique, que ce soit de l’administratif au studio, etc. Et si on travaille avec ces gens là, je pense, qu’on pourra vraiment franchir un palier et pourquoi pas si Simon le souhaite, enregistrer un nouvel album et pouvoir se former à la scène et à ses »à côtés ».

Pour conclure l’interview, vous auriez un mot pour ceux qui vont lire cet article ?

Les Prussians: Ecoutez notre EP,vraiment ; achetez le, et essayer de venir nous voir en concert !

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