Studio Paradise, une signification particulière ?

Il y a une double  signification : Seb, avec qui je compose, et moi avions un squat à Marseille rue Paradis, où nous passions notre temps à composer. C’est aussi un clin d’œil à Brian DePalma et son « Phantom of the Paradise », film rétro/futuriste qui joue à la perfection sur la synthèse de styles et de mythes, dans le lequel on se retrouve.

Pouvez-vous nous raconter un peu l’histoire du groupe ?

On peut la décomposer en deux époques : D’abord l’époque marseillaise de 2000 à 2009, ma rencontre avec Seb, nos nuits blanches à écrire, composer, jouer, enregistrer, expérimenter… Puis l’époque parisienne, sans Seb, où j’ai construit le line up en 2010, aidé par Thomas dont l’amitié remonte à l’époque phocéenne. Et c’est par annonce que David, Greg et Laurent ont rejoint la formation. Pour la petite histoire, quand Laurent à répondu à l’annonce, ni lui ni moi ne connaissions l’identité de l’autre: Nous étions juste en classe ensemble au primaire à Bastia ! Destin ou coïncidence ? Destin évidemment. Puis après c’est allé super vite : Sélection des inrock-lab avec I Can’t Believe, synchro de notre reprise de « I Am The Walrus » sur la compil « Beatles Mania » deBéatrice Ardisson, synchro de « Baby Girl » sur la compil « Seriously Eric #3 » de l’excellent label Alter-K, signature avec l’éditeur/tourneur TS-prod, 2èmes sur 1200 groupes du tremplin Emergenza et une distinction de meilleurs guitaristes, mais encore la sortie du premier EP « The Crazy Situation EP » en mars 2012, de la radio sur Le Mouv’ ou Radio Campus et enfin une solide expérience de scène (Nouveau Casino, Elysée Montmartre, Bus Palladium, Alhambra, Gibus, Divan du monde…)

 

Que trouviez-vous dans les bacs à CD de vos parents ?

Plutôt le bac à vinyles, que j’ai squatté très jeune ! Alors, hors mis de vieux bouts de shit des années 70, il y avait entre autre : Who’s Next / The Who, The Lamb lies Down on Broadway / Genesis, le premier album de Roxy Music ou celui de The Clash, More / Pink Floyd, The White Album / The Beatles, Electric Warrior / T-Rex, Autobahn / Kraftwerk … Cela m’a donné un appétit boulimique pour me percher sur chaque recoin de la musique des 60s, 70s, 80s, dans tous les styles. A noter qu’il y avait aussi beaucoup de musique classique et de chants corses. Que j’ai aussi beaucoup bloqué.

 

Est-ce que ce que vous écoutiez étant petits a une influence sur votre musique ?

Evidemment ! Nous avons une bibliothèque dans le cerveau reptilien qui a stocké tous ces sons, et ceux-ci ressortent aujourd’hui quasi inconsciemment. Mais au delà de ça, avoir passé dans notre jeunesse tant de temps à écouter et analyser les classiques a surtout une influence dans notre songwriting pur : Ca permet de ne pas rééditer ce qui a déjà été écrit et d’être un maximum critique envers nous même afin de proposer un travail qu’on souhaite original. Cela nous profère aussi beaucoup de profondeur concernant l’écriture des structures des morceaux et leur forme la plus aboutie. Concrètement, c’est super pratique de ressortir les bonnes vielles ficelles de l’histoire du rock quand on galère à assembler deux bonnes parties sur un même titre !

 

D’ailleurs, si vous deviez définir votre musique en quelques mots ?

Synthèse de styles dans un format pop/rock efficace, riche, original et résolument moderne. On nous dit souvent qu’il y a un son STUDIO PARADISE très identifiable, notamment avec des accroches mélodiques immédiates qui restent en tête.  Si c’est vrai, c’est mortel 🙂

 

Comment procédez-vous pour la composition des morceaux ?

Le phénomène de création à l’origine d’un titre est un mécanisme incontrôlé qui survient dans des périodes émotives et indépendamment de l’instrument, des substances ou du temps. Et il se trouve que nous sommes deux personnes particulièrement émotives, même si on a appris à rester maître de notre sensibilité. En fait c’est comme si le morceau était téléchargé dans son intégralité dans notre tête depuis un endroit mystérieux par quelqu’un de mystérieux, mais stocké sous forme de kit, avec un dossier « les sons », un dossier « les mélodies », un dossier « le rythme »… Après commence l’étape de la composition technique qui se fait toujours à deux variablement (Francè/Seb) : Le plus souvent en solo avec soumission du titre à l’autre pour analyse, conseils structure / sons des instruments… Ou bien à deux pour une collaboration totale : apport d’un riff/accords/pont/break/ligne mélodique/arrangements, modification de structure, échange du projet, agrégation d’éléments, gros geekage électro sur les machines et pédales d’effets. Seb et moi nous connaissons par cœur et notre union musicale est assez étrange, télépathique. Quand Seb formule une idée, BAM! j’en connais instantanément toute la portée, ça jaillit de moi-même. J’en ai presque l’impression qu’il me fait accoucher de mes propres chansons, et j’en oublie parfois qu’il est à l’origine de l’idée. C’est pas la maïeutique ça d’ailleurs ? Enfin, les projets sont quasi définitifs une fois intégrés en groupe. Cependant, par son interprétation le groupe concrétise la composition et participe au son STUDIO PARADISE.

Y’a-t-il un morceau justement qui a une histoire particulière ?

Notre reprise « I Am The Walrus » des Beatles pour la compilation « Beatles Mania » de Béatrice Ardisson est amusante. Lors d’une prise de contact avec Olivier Rigout du Label Alter-K, celui ci nous demande si on a une reprise intéressante et originale des Beatles sous la main à leur filer. N’en ayant pas, la réponse a été :  » Euh… Bien sûr !… Tu nous donnes combien de temps ?  » 48h plus tard et une dizaine d’échanges de projets entre moi/Seb et Paris/Bastia, et la reprise était bouclée !… Et retenue !! D’ailleurs cette efficacité d’écriture dans l’urgence avec enthousiasme a particulièrement intéressé certains professionnels, dont notre éditeur.

Comment vous sentez-vous dans cette nouvelle scène parisienne plus qu’importante ?

Nous n’avons jamais eu le sentiment d’appartenir à la « scène parisienne », ni la volonté particulière d’en faire parti. Notre son est d’ailleurs complètement décalé par rapport aux formations qui se revendiquent de cette « scène ». Notre aire de jeu, nos influences et notre réseau ne sont pas uniquement centrés sur Paris.

Un live des Studio Paradise, ça se passe comment ?

Le kiff total pour nous ! D’après les nombreux retours c’est aussi un de nos points forts… qu’on travail énormément ! Notre enthousiasme nous fait naturellement déborder d’énergie et nos titres font le reste en formant un set très vivant. Je suis personnellement sur-vitaminé et je donnerai mon âme pour séduire et pour que le public soit à fond ! De plus, notre formation instrumentale est lourde (Guitares/Basse/Machines/Drums/Synthés…), c’est pourquoi nous avons Peluche, notre propre ingé son, qui s’assure que la qualité acoustique du live soit irréprochable. C’est un impératif pour nous et pour vous ! Aussi, nous faisons tout pour prochainement intégrer un vidjay pour que le show soit également visuel.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de scène ?

Chaque concert laisse place à d’excellents souvenirs et nous avons quasiment toujours joués face à une salle pleine ! Sans réfléchir, pourquoi pas La Miroiterie, mi squat anarchiste – mi salle de concert où nous avions joué dans une ambiance techno punk londonienne complètement border line et surréaliste où la salle entière était en transe. Ou bien notre concert pour le Live Room, concert acoustique en appartement qui permet d’offrir des nuances à notre répertoire et d’y glisser des subtilités différentes d’une session électrique. Le public adore !

 

Quelles sont vos actualités pour 2012 ?

Notre premier clip va arriver avant l’été, il illustre « Crazy Situation », le single de notre premier EP sorti en mars. Il a été réalisé par un collectif marseillais qui s’appelle Vidéodrome, on est hyper contents de cette collaboration, le clip s’annonce très fort ! Nous jouerons sur  nos terres Corses cet été au festival Cargèse Sound System le 11 août. Une tournée se met en place pour la fin de l’année, et cet été nous allons enregistrer de nouveaux morceaux…

https://www.facebook.com/studioparadiseband

http://soundcloud.com/studioparadise

Le mot de la fin ?

Il n’y a jamais eu de shit dans le bac à vinyle de mes parents (rires).

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