S : [ Gouv ], c’est par rapport à ton nom de famille ?

G : Exact … Je m’appelle Gouvart en fait, j’ai enlevé le coté art. Je suis né comme ça, c’est écrit « art » à la fin de mon nom, j’y peux rien, j’assume pas (ah ah)

S : C’est peut être un signe ?

G : Non je ne crois pas.

S : Même pas. Et tes compos en général tu les composes comment ? Les paroles viennent avant les mélodies, les mélodies viennent avant les paroles ?

G : En général, ça vient tout d’un coup !

S : Tout d’un coup ?

G : J’ai des bouts de paroles qui me viennent, je ne sais pas d’où elles viennent par contre, ça je ne peux pas le dire, c’est en général 2 – 3 phrases, comme ça, des mots qui me viennent que je trouve sympathiques, parce que je suis en train de penser, ça doit être ça ? A des choses. Et puis il y a des phrases que je trouve sympa, et puis je me dis : «  Tiens ça pourrait être bien pour une chanson ! » et tout de suite dans ma tête il y a une petite mélodie qui se met avec, dès que je pense chanson que j’associe chanson à la phrase et puis … si je suis pas chez moi je me la répète des tonnes de fois pour que quand j’arrive chez moi je prends ma guitare et retrouve le truc pour enregistrer juste un petit bout et me dire : «  Voila ça c’est un début de chanson ! » et…

S : Pour faire la suite ?

G : Et je ferais la suite. Soit je fais la suite tout de suite parce que ça me vient, soit je la garde. Je garde des petits fichiers sur mon ordi et j’attends de m’y repencher un peu plus tard puis des fois ça peut durer des années. Voila pour ce premier truc !

S : Dans quel univers musical as-tu grandi ?  Par rapport à tes parents, à toi à ce que tu écoutais ?

G : Mes parents sont des fans de J. Halliday, je suis désolé. Désolé pour eux non, je les aime bien et ils ont le droit. Mais par contre au niveau musical mes parents faisaient partie d’une association dans les années 70 puisque je suis né début des années 70, autant le dire. Donc ils faisaient partie d’une association qui organisait des concerts, des petits trucs. J’ai même pu croiser Brassens, là bas. Je ne m’en suis pas rendu compte, j’étais trop petit. Je l’ai su bien des années plus tard que c’était lui. Après j’ai fait l’association quand j’étais plus vieux, j’ai commencé à écouter Brassens et je me suis dit « au fait ça me dit quelque chose « et puis j’ai demandé à mes parents et ils m’ont dit « oui oui c’était bien lui ». Donc voila j’ai vu Brassens mais je ne m’en rappelle pas, et euh enfin je m’en rappelle pas c’est très vague et donc ensuite et bien il y avait ça et puis mon père organisait des grosses soirées, ils appelaient ça des soirées disco à l’époque, un peu comme ça existe encore maintenant avec cette association. Donc j’avais une tonne de disque à la maison. Donc on écoutait tout ce qui nous tombait sous la main, avec mon frère. Voila il y avait de tout, l’univers il est là, vaste comme un univers.

S : Et donc quel a été le premier concert auquel tu as assisté ?

G : Le premier concert auquel j’ai assisté …à part Brassens que je ne me rappelle pas.

S : Conscient …

G : Volontairement, de ma propre initiative je crois bien que c’était Noir Désir … à Clermont Ferrand. Il y a déjà longtemps.

S : Ca t’a fait quoi à ce moment là d’aller voir Noir Désir ?

G : D’aller voir Noir Désir ? J’avais envie d’être sur scène, en fait. Je faisais déjà un peu de musique, j’avais fait déjà une petite représentation ou deux mais on ne pouvait pas parler de concert avec un pote avec qui on faisait deux trois chansons comme ça mais on ne faisait pas vraiment des concerts. C’était au lycée, pour le lycée dans une salle du lycée. De temps en temps on jouait quelques chansons et puis voila. Et c’est donc à cette époque que j’ai pris le goût, je me suis dit voila j’ai envie de faire plus de musique que ça, de faire vraiment de la scène. Je ne parlais pas vraiment comme ça dans ma tête mais c’est cette envie là qui était là. Et quand j’ai vu Noir Désir j’ai eu franchement envie d’avoir la même sensation, de connaître la sensation, d’être à cette place où ils étaient même si la sensation était …. Parce que Noir Désir c’est pas mal.

S : Et donc tu chantes en français ?

G : Oui !

S : Et c’est parce que ça te vient en français ?

G : Oui parce que j’ai …

S : Un très mauvais accent en anglais ?

G : Oui un très mauvais accent en anglais. Comment tu le sais ?

S : Je ne sais pas !

G : Si si, je suis français et les français ont rarement, enfin les français de mon âge ont rarement un bon accent en anglais. Les jeunes apprennent mieux l’anglais, enfin les gens  plus de ta génération on va dire, je pense qu’ils ont une meilleure formation en anglais, parce que je trouve qu’ils ont un bien meilleur accent et d’ailleurs en ce moment il y a plein de groupes français qui chantent en anglais, je pense à Phoenix, ce n’est pas les plus récents. Je crois Revolver et des choses comme ça et eux ils ont un bon accent quand même …

S : Plus ….ils peuvent s’exporter plus facilement ?

G : Oui mais moi j’essaie déjà de m’exporter au-delà des frontières régionales, ce n’est pas facile !

S : Et du coup, étant un groupe sur Ecotay comment cela se passe après pour tourner parce que on connaît Mickey 3 D mais après … ?

G : Pour ça avec le fils de Jack, ça nous a bien aidé le fait de jouer en première partie de Mickey 3D à plusieurs reprises. Ca nous a bloqué 2 /3 trucs où on n’aurait certainement pas été ou difficilement et par contre depuis que je suis tout seul et que je peux plus vraiment revendiquer le fait que oui j’ai fait la première partie de Mickey 3D mais ce n’était pas avec ces chansons, avec cette formation. Donc là je prends mon téléphone, mon ordi, j’envoie des mails, j’appelle des bars, des salles, je propose [ Gouv ], je fais ça tout seul, autoproduit, autogéré…

S : Auto-tout !

G : Auto-tout !

S : Et du coup quel est ton coup de cœur du moment ?

G : Au niveau musique ? Tu veux que je t’avoue un truc, assez …que les gens trouvent incroyable…

S : T’en a pas et t’écoutes pas de musique ?

G : Je n’écoute quasi pas de musique…

S : C’est bien je réponds à ta place !

G : Oui c’est pratique …pourquoi je suis venu …j’aurais du te filer les clés ! Y a quand même l’ambiance. Non je n’écoute pas de zic, je suis désolé. En fait je crois que depuis des années j’ai quasi arrêté parce que …enfin petit à petit c’est venu, comme pour fumer. Avant je fumais, je ne fume plus mais j’ai pas cherché à arrêter, c’est pareil pour la musique, j’ai pas cherché à arrêter, petit à petit j’en écoutais de moins en moins et puis il y avait aussi un truc, c’est qu’à une époque j’avais envie de faire de la musique qui me ressemblait et donc j’avais un peu peur d’être influencé parce que j’écoutais sur le moment, j’avais envie de faire de la musique qui venait de ce que j’avais déjà emmagasiner et puis y a déjà un  bon moment puisque quand on a une 30taine d’années et qu’on fait des chansons, enfin là j’en ai un peu plus qu’une 30taine d’année mais quand j’ai commencé à écouter moins de musique j’avais une 30taine d’années et j’avais envie d’écrire des chansons qui venaient de moi et des  gens m’avaient légué pas mal de chose….Eh oui à une époque j’écoutais beaucoup de musique.

S : D’accord, alors on va parler de ta musique !

G : Oui c’est plus simple !

S : Est-ce que tu peux me raconter l’histoire d’une de tes chansons ?

G : L’histoire, comment elle est née, qu’est ce qu’elle raconte ?

S : Oui dans quelles circonstances ? Pourquoi tu dis ça dans ta chanson, tu choisis …

G : Euh d’accord, alors eh …..Il faut qu’il y en ait une qui me vienne, on n’est pas trop pressé. Y a pas 3 mn de temps, parce que des fois il faut que je réfléchisse…

S : Des fois ?

G : Oui je dis toujours n’importe quoi, n’importe comment. Euh …Alors qu’est ce que je pourrais … parce que bien souvent en fait mes chansons ça raconte des histoires un peu inventées.

S : Pas du tout, pas vraiment autobiographique ?

G : Non, y en a qu’une, on va dire qui est presque autobiographique qui a un petit bout. D’autobiographique enfin de temps en temps je me sers de ma vie quand même, pour pas mal de phrases dans plein de chansons  mais ce n’est pas toute la chanson et il faut savoir laquelle des phrases correspond à ma vie.  N’Y a que moi qui le sais. Je vais quand même essayer de répondre à ta question. Je suis en train de réfléchir à quelle chanson  je pourrais, qui a une histoire plus rigolote quoi. Alors je vais répéter la petite liste dans ma tête. Alors c’est une chanson qui s’appelle Pas malin elle est sur le disque que je t’ai donné tout à l’heure !

S : Oui j’ai vu le titre !

G : En fait cette chanson elle raconte pas du tout l’histoire qui a fait que j’ai commencé à écrire cette chanson,  en fait c’est que j’étais chez moi, j’étais aller faire une petite course en vélo et euh, j’ai fait un truc qui fallait pas trop faire et puis j’ai failli pas avoir un accident , mais j’aurais pu quoi, c’en était loin mais  j’ai imaginé que si j’avais continué ma connerie, parce que j’ai fait une connerie, ça aurait pu mal se passer pour moi et je me suis dit pas malin dans ma tête et puis après pas malin pas du tout et puis si ca commence comme ça pas malin pas du tout à un moment c’est plus tard dans la chanson.

S : Tu crois ?

G : Oui j’en suis sûr. Finalement ce n’est pas le début de la chanson mais ça m’est venu comme ça. Et je suis rentré chez moi avec ce truc (il chantonne) pas malin pas du tout et ça trottait comme ça, j’avais que ça. Je suis arrivé chez moi, j’ai pris ma guitare et puis, c’est marrant. J’ai commencé à trouver 2 /3 petits accords pour pouvoir continuer à écrire quelque chose et euh finalement en fait ça avait rien à voir avec ce qui s’était passé mais j’ai pu écrire ma chanson comme ça, parce que cela m’était venu comme ça

S : D’accord !

G : Tout à l’heure tu me demandais comment me venaient mes chansons et bien voila c’est comme ça !

S : C’est comme ça !

G : Après l’histoire de la chanson ça ne raconte pas ….

S : Ca ne raconte pas la connerie du vélo !

G : Non. Ca raconte que quelqu’un n’est pas malin parce que, parce qu’il fait n’importe quoi du genre qui finit… c’est l’histoire un peu d’un alcoolique qui boit dès le matin et ça finit ….

S : Passer l’arme à gauche !

G : Voila mais bon tout ça dit de manière non crue. Ca passe tout seul, on s’n’en rend même pas compte que c’est cette histoire là si on ne fait pas gaffe.

S : D’accord. Et donc dernière question. Les filles aux ongles carrés elles sont passées où ?

 
G : Les filles aux ongles carrés, y en a encore plein. Et toi tu es une fille aux ongles rongés.

S : Même pas.

G : Même pas, bon c’est bien !

S : J’ai arrêté !

G : Les filles aux ongles carrés, elles sont passées…. Les filles ou la chanson tu veux, c’est quoi la question en fait, c’est les filles ou bien la chanson ?

S : Un peu des deux !

G : Ah, ah, ah, ah, parce que la chanson elle est passée pas aux oubliettes elle est sur l’album du fils de Jack !

S : Sur des Ipods de certains !

G : Certainement j’imagine. Alors en plus sur l’album c’est une version comme on l’a jamais joué en concert parce que sur l’album c’est un truc au clavier tout ça et en concert il y a pas de clavier c’est une chanson très très pêchue, très rock, plein de saturation. Et ça et bien c’est … Pour les filles en question, bon elles sont passées un peu partout, d’après mes observations essentiellement en milieu urbain. Maintenant j’en vois aussi à la campagne. En fait ce n’est pas où elles sont passées c’est est ce qu’elles vont finir par nous envahir complètement ? C’est ça la vraie question. C’est vrai hein moi ça me fait peur !

S : Eh bon pour finir je te laisse la parole.

G : Ah bon. Tu veux que je dise quoi ?

S : Ce que tu veux !

G : J’ai un truc à dire à propos de … quelque chose que j’ai envie ?

S : Tu peux répondre à ta question ?

G : J’ai posé une question ?

S : Voila on finit sur ça si tu veux !

G : Ouais allez !

Vous avez aimé cet article, partagez-le :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *