Les MOON, pourquoi ce nom ?

Paul : Tu sais, y’a un moment faut se trouver un nom et t’es au lycée et t’es avec tes potes et tu ne sais pas trop et tu doutes un peu et moi j’étais avec un copain et puis on a trouvé que ce nom rebondissait assez bien, c’était assez joli et puis même la lune, tu vois, dans l’inconscient, c’est hyper… enfin c’est assez joli, c’est beau et puis c’est quelque chose d’assez mystérieux quoi. On aime bien le truc rond, tu vois, l’espèce de truc à moitié religieux, à moitié, un peu stellaire, l’élévation.

Qui a eu l’idée de créer le groupe ?

Paul : A la base, c’est moi avec Louis le batteur, en fait, j’avais eu quelques déboires avec Romain, parce qu’on avait un groupe ensemble au tout début et donc on s’est un peu battu enfin voilà pour des histoires à la con, parce qu’il faisait du rock à la AC/DC et moi je trouvais ça hyper vulgaire et j’avais envie de faire du jazz. Et finalement, j’ai trouvé Louis, qui a été éduqué dans le classique et vachement dans le jazz et tout, bref, il était peut être moins ado’ à l’époque que Romain et les autres et j’ai voulu faire ce groupe, et Romain a muri et il est arrivé et il m’a dit, voilà. Non, ça ce n’est pas vraiment passé comme ça.
Romain : Là, il caricature à mort !
Paul : Oui, j’ai un peu caricaturé !  Mais en gros voilà, la base du groupe, c’est le batteur actuel et moi !
Romain : Et après y’a FX, donc le batteur c’est Louis, et après le bassiste et moi, on a un peu rejoint le truc en même temps donc avec FX le bassiste…
Paul : François-Xavier.
Romain : François-Xavier, mais bon, FX c’est plus cool ! Et donc FX et moi on a rejoint le truc un peu après et puis ça s’est bien passé, on a joué un an ensemble après pendant deux ans, il y a eu des changements parce que Louis est parti à Paris et donc du coup, on a changé de batteur et on a rajouté un clavier, on a joué pendant deux ans avec eux et puis là, il y a un an on a vraiment voulu rejouer avec le batteur donc on est reparti comme au tout début, en fait ! Donc, on a rejoué avec FX, Louis, Paul et moi.

Et si on vous demandait en 4 mots de décrire votre musique, vous choisisseriez lesquels ?

Romain : Je ne sais pas, c’est un peu dur quand même…en quatre mots ?
Paul : En quatre mots, si ! C’est de la pop, mélangée avec du rock…
Romain : Je ne sais pas, c’est ce qu’on a envie de faire !
Paul : Ouais, voilà, c’est surtout ce qu’on a envie d’entendre. Enfin, tu vois ?
Romain : C’est un peu basique de dire ça…
Paul : Non, ce n’est pas basique de dire ça.
Romain : Mais c’est un peu ce qu’on a envie d’écouter, c’est un peu le mélange de ce qu’on aime.
Paul : Mais pas imiter, ce qu’on a déjà fait pendant deux ans, ce qu’on a fait beaucoup au début, c’est-à-dire, imiter pas mal les autres et maintenant on a envie de faire quelque chose qu’on entende pas trop et qui soit hyper personnel, quoi.
Romain : Donc, voilà, c’est ça, c’est plus que quatre mots, mais en quatre mots, c’est de la pop rock…sympa !
Paul : ahah oui, c’est de la pop rock sympa cool ! Avec des mélodies cool.
Romain : Voilà, Pop, Rock, Mélodies, Cool !

Dans quel univers musical avez-vous grandi ?

Paul : Moi, c’est le jazz et le reggae à la base, avec de la pop et le rock c’est venu après.
Romain : Le rock, je l’ai un peu découvert par moi-même. Je trouve ça bien d’ailleurs ! J’étais vachement dans le classique, jazz, chanson française. Et vachement moins la musique américaine et le rock tout ça quoi. Et voilà, le rock, la musique noire américaine, je l’ai vachement découverte par moi-même, mais je trouve ça important, enfin je trouve ça bien, mais ce n’est pas nécessaire ou quoique ce soit, mais je trouve ça bien de le découvrir par soi même aussi. Disons, que j’ai écouté des artistes qui m’ont fait aller vers cette musique au fur et à mesure. Par exemple, tu vois, Ben Harper, même si on écoute plus trop maintenant, c’est quelque chose qui nous a fait découvrir pas mal de trucs, parce que moi sans Ben Harper, j’aurais peut être pas écouté Otis Redding et tout.
Paul : Moi, oui, parce que mon père est un énorme fan de jazz et de soul surtout donc j’ai été baigné là dedans à fond quoi !

Et qui est ce Bob/the fisherman, dans votre chanson ?

Paul : Ah c’est une super question ça ! On ne nous l’a jamais posée, bravo ! Ca veut dire que t’as vraiment écouté.
Romain : Ou qu’elle a regardé le titre.
Paul : Oh remarque, ah ça me déçoit…
Romain : Bon, vas-y !
Paul : Oui, donc Bob, en fait, il faut revenir à la base, c’est-à-dire, qu’on a…Je t’explique le contexte de la chanson, Louis est revenu et ça faisait très longtemps qu’on avait pas joué ensemble et on avait un peu de mal avec les autres musiciens, ça se passait bien mais on en avait marre et Louis est revenu et l’été qui a suivi, on est allés à Bourg, c’est une petite ville à côté de Bordeaux où c’est vraiment la campagne assez profonde, il y a une citadelle enfin c’est la ville moyenâgeuse. C’est là où on répète et où on enregistre. Et y’avait une espèce de lac avec une petite île au milieu et avec Louis on s’est dit, viens on va écrire des chansons et c’était typiquement ce truc là. L’idée d’être hyper isolés et d’avoir l’impression de tout connaître et d’être un peu les rois du monde et Bob, c’est un peu ça. Bob c’est Robert en fait, c’est un pêcheur qui habite sur une île qui est complètement perdue au milieu de l’océan et c’est lui seul qui a le contact avec l’extérieur et qui ramène la connaissance sur l’île. Donc c’est un peu, tu vois, le grand maître de l’île quoi. Et un jour, il y a des gens extérieurs à l’île qui arrivent et qui découvrent. Des sortes de conquistadors et qui commencent à amener tout leur savoir, dont on imagine, ça c’est très vite dit dans la chanson, une sorte d’ouverture comme internet, tu vois. Genre, tout le monde a accès à l’extérieur et tout ça. Et donc le pêcheur, Bob, il revient, et tout le monde se fout de sa gueule, on lui dit, mais tu nous as menti pendant des années et c’est horrible, et là on assiste à Bob qui devient complètement dépressif et qui a plus aucune raison de vivre…
Romain : Après c’est vachement résumé dans la chanson !
Paul : Ouais, c’est hyper résumé dans la chanson mais justement je lui explique. Et là où je suis vachement dégouté, c’est que Gorillaz vient de sortir un album qui s’appelle Plastic Beach et c’est quasiment le même truc. On l’avait fait avant eux.
Romain : Comme Julian Casablancas, avec « Somewhere along the Way », ils nous piquent nos idées !
Paul : Ouais, on devrait monter une ligue contre Julian Casablancas et Gorillaz.

Est-ce que vos chansons sont autobiographiques ou ce ne sont que des histoires comme pour Bob ?

Paul : Mais justement, si tu veux c’est des histoires qui sont, c’est ce que je disais la dernière fois, pour écrire une chanson, t’as pas forcément le truc. Nous on n’aime pas trop, mais tu vois, après ça a été vécu forcément. Ca a été subi. C’est des influences comme, moi j’aime bien les influences, qu’elles soient musicales ou qu’elles soient historiques ou machin, mais des influences subies.
Romain : Mais de toute façon, un truc hyper important, c’est que même si on raconte, enfin du moment que tu veux raconter une histoire même si tu l’as pas vécu, elle te concerne quand même, parce que tu as envie de la raconter, alors forcément tu y apportes un peu de toi, c’est ce qu’on essaye de faire, même si l’histoire de Bob on l’a pas du tout vécu.
Paul : On l’a quand même vécu à travers la description de quelque chose, c’est sorti de nous et pour créer tu subis forcément une influence.
Romain : Après y’a des trucs qui nous concernent plus ou moins directement.
Paul : A l’inverse, y’a une chanson qui s’appelle « Mr Dry », on l’a écrite, oui mais c’est pareil, parce que Louis quand il était à Paris il a fait un peu n’importe quoi, il a beaucoup bu, enfin bon bref, passons sur les détails et on l’imaginait toujours pareil à la campagne cette sorte de personnage un peu fou et mystique qui allait dans les bars tous les soirs et qui se cachait un peu et genre c’est un peu Louis quoi.

Et si vous aviez pu choisir une époque à laquelle vous auriez aimé vivre, vous auriez choisi laquelle ?

Paul : Les années 1980 pour Prince ahah
Romain : Moi les années 1980 aussi. Non, je ne sais pas, moi j’aime bien mon époque, je la trouve bien !
Paul : Moi, je ne sais pas, les années 1990, j’aurais bien aimé avoir vingt ans parce que j’adore Blur et j’aurais trop aimé faire de la pop britannique et ça c’est cool !
Romain : Moi j’aurais bien aimé être dans Blur.
Paul : Et après le truc des années 1970, ca c’est bien d’essayé de l’éviter parce qu’évidemment que ça aurait été trop bien d’y être mais y’a trop de gens trop connus et trop bien quoi, ça m’aurait fait chier !
Romain : Ca devait être cool quand même !
Paul : Ca devait être cool mais trop de concurrence, trop de génies, dans les années 1990, moins ! Carrément, il faut une époque où tu aurais pu être connu, les années 1970, c’est chiant, y’a Bob Dylan, Hendrix et c’est chiant quoi, le mec y comprend tout.
Romain : Moi j’aime bien mon époque 2010.
Paul : 2010 représente ahah

Et la musique c’est quoi pour vous ?

Romain : C’est sympa !
Paul : C’est cool aussi !
Romain : Mais c’est important, c’est une sorte d’échappatoire, c’est vraiment un moyen de s’exprimer, c’est bien !
Paul : De s’exprimer de manière abstraite, pas très sur, ce n’est pas très précis, enfin tu vois ce que je veux dire ou pas ? C’est une sorte d’interprétation, ce n’est pas une vérité, c’est ça que j’aime bien.

 

Avez-vous un artiste/groupe « modèle » qui vous a poussé à faire de la musique ? 

Romain : Y’en a pas un seul je pense, y’en a plusieurs.
Paul : Moi, y’en a trois au début, c’est un pianiste de Art Tatum, j’ai toujours écouté ça quand j’étais petit, j’adorais, je trouvais ça trop fou, c’est un pianiste qui a des grandes mains et qui arrive à faire des trucs complètement fous et à une vitesse incroyable sans faire de démonstration avec des mélodies hyper belles. Et après, il y a les Beatles qui m’ont vraiment rendus fou et après y’a Bob Marley qui avait une super identité, des supers mélodies.
Romain : Ouais, après y’en a tellement… mais les premiers, si genre Jeff Buckley au début ça m’a vraiment hyper hyper motivé ! Bob Marley, aussi, c’était hyper important. Et puis après il y a eu tous les autres.

Pour finir, je vous laisse la parole.

Paul : On va faire une chanson ?
Romain : Ouais, la chanson, c’est la parole, c’est la belle parole !

 

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