Une interview réalisée le 10 mars 2010 avec Paul (Chanteur/Guitariste du groupe), donc les Cheers ont quelque chose en plus, ouais ouais!

Le nom de groupe est Cheers, une signification particulière?

 

Paul : A la base, pas vraiment en fait, on a pas mal galéré à trouver un nom qui nous plaisait, et finalement, en écoutant les premiers albums d’Oasis et consorts, on sentait une ambiance très particulière. Quelque chose de très british, très fédérateur. Très « On est anglais et on vous emmerde ». Et ça nous a vraiment séduits. Mon frère Hugo et moi étions vraiment dans ce trip là, du moins à l’époque, et on a voulu trouver un mot ou une expression qui résumait bien cette ambiance, ce trip de « Lads ». Et en écoutant des lives, en écoutant les anglais parler, ils disaient tous « Cheers », tout le temps, dans pleins de phrases avec pleins de significations différentes. On a trouvé que ça résumait bien cette idée fédératrice, donc on s’est dit : « Hop, ça sera Cheers !».

 

 

Comment avez-vous eu l’idée de monter ce groupe, car vous êtes quand même relativement jeunes? (à la création du groupe, si je ne me trompe pas, il y en avait qui avait 14 ans?)

 

Ouais effectivement. En fait, à la base, mon frère et moi avions chacun nos groupes respectifs, et je composais pas mal de trucs assez moches que je n’osais pas montrer à mon propre groupe. Et un beau jour Hugo m’a dit « Ca serait marrant qu’on joue ensemble tes trucs, avec mon groupe », je me suis dit pourquoi pas, et naturellement, pendant l’été 2008, on s’est mis à composer ensemble quelques morceaux. Il se trouve que ça a bien collé musicalement entre nous, et j’ai fini avec son groupe, que je connaissais bien, et ça a très bien fonctionné par la suite. Puis on est passé d’un délire du genre « on compose, on se marre et basta » à « Hé, mais on pourrait en faire des concerts! ». Et voilà, le truc était lancé, sans ambitions particulières.

 

 

Donc une grande complicité entre ton frère et toi? Vous composez essentiellement les morceaux à deux? Comment ça se passe pour la composition de vos morceaux? 

 

Complicité énorme oui. Du fait, qu’on a toujours eu les mêmes centres d’intérêts, bien qu’avec trois ans d’écarts d’âges. Je ne sais pas trop si ça veut dire qu’il est mature ou moi attardé, mais musicalement on a toujours écouté les mêmes trucs, on a découvert la BritPop en même temps, et ça nous a plus lâché, Oasis, Arctic Monkeys, les Last Shadow Puppets, les Rascals, Blur, etc. … C’était vraiment vers ça qu’on voulait aller, donc la complicité était et est toujours vraiment. Et pour ce qui est des morceaux c’est assez variable. J’en ai écrit quelques un à 100%, avec tous les instruments, les paroles, etc. Certains autres ont été faits conjointement avec Hugo, pour trouver les mélodies de chants, de guitares … parfois c’est lui qui ramène la matière première qu’on bosse ensuite à deux, pour que j’assure ensuite la partie arrangements/enregistrement … c’est très variable!

 

 

J’aimerais que tu me parles d’un morceau qui a totalement retenu mon attention, Dirty Human Scrapings, elle est assez différente de vos autres compos’. Dans quelles circonstances a-t-elle été écrite? Quel sens prend-elle pour vous?

 

Alors celle ci est assez spéciale. Dans la façon dont elle a été élaborée. C’est la seule et unique chanson que j’ai écrite dont le texte est venue avant la mélodie. D’habitude c’est l’inverse, je compose la mélodie et j’écris ensuite le texte, et là, non. Plus on compose, plus je me rends compte de l’importance du texte dans une chanson, et celle là c’était le cobaye, donc c’était assez étrange à faire. Caler un rythme de parole déjà préétabli sur une instru’ qui se devait de rester dans la lignée de nos chansons, et j’avais envie d’une ballade très épurée au niveau des arrangements à la manière de certaines chansons de Noel Gallagher ou des Arctic Monkeys, avec un texte contenant une idée forte. J’avais envie d’écrire un texte ironique, agréable à écouter mais aussi à lire. Un bon texte en gros (que je ne pense pas encore avoir réussi à produire). Je ne dis pas par là quelque chose d’extrêmement littéraire, de pompeux, avec des figures de style de partout, de la poésie à n’en plus finir etc. … Mais un texte avec une idée.

 

 

Parlons un peu plus de vos influences, tu as dit avoir découvert la BritPop avec ton frère, comment ça s’est passé vous avez découvert seuls? Ou vous avez fouillez dans les bacs à CDs de vos parents? 

 

Je ne sais plus vraiment comment c’est arrivé exactement, nos parents nous ont toujours fait écouter des trucs très différents. De la pop des Verve et de Richard Ashcroft, au rap de Mc Solaar, avec un peu de variété, du Lounge genre Nova Tunes, Hotel Costes etc. et les Beatles, forcément. Et ouais le premier « choc » ça a été quand on a trouvé l’album Definitely Maybe de Oasis. Qui est toujours notre album référence à mon frère et moi. Et on était soufflés par la puissance mélodique, la voix de Liam, l’ambiance très « Lads » etc… Et ça continue à nous influencer aujourd’hui dans ce qu’on compose. Donc après on a forcément creusé dans ce style là, en écoutant Blur, les Verve, Arctic Monkeys, etc. Et encore et toujours les Beatles, référence n°1 pour moi, je pense.

 

 

Passons maintenant à la scène. Quel a été le premier concert des Cheers? Comment s’était-il passé? 

 

Notre premier concert c’était en décembre 2008. La MJC de notre ville organise tous les deux mois environ une scène ouverte, avec un groupe « tête d’affiche », qui répète dans leur studio. Le gérant des studios nous a vu répéter pendant deux mois tous les samedis matin, à écouté notre travail, enfin « travail », et nous a proposé comme ça de tenir un petit set de 40 min.

 

 

Au final, ca s’est passé comme vous le vouliez?

 

Ouais, vraiment bien ! Il y avait pas mal de monde, nos morceaux tournaient sur le myspace depuis un bon mois et les gens avaient l’air d’accrocher. On a joué au final 5 compos et 3 reprises, Eddie’s Gun des Kooks, Fake Tales of san Fransisco des Arctic Monkeys et I Want You des Beatles. Et ça s’est fort bien passé. Il y a quelques vidéos de ce concert qui traînent sur Youtube je crois. Mais c’était une très bonne expérience qui nous a donné envie de récidiver

 

 

Si je te donnais 4 mots pour définir ta musique, tu me dirais quoi? 

 

Mmmmh, ce n’est pas évident! Je dirais Mélodie, Atmosphères, pour les deux premiers, Ironie pour le troisième et la réponse D pour le quatrième.

 

 

Quels sont les deux objets de la vie courante dont un Cheers a besoin?

 

D’une bière et d’une pute, principalement. La guitare ne vient qu’en troisième position, désolé.

 

Comment gérez-vous les études et la musique? Vos parents vous soutiennent-ils? 

 

Et bien, la musique, on fait ça vraiment à côté sans se prendre du tout au sérieux. On pense vraiment pas en faire notre métier (même si on ne dirait pas non pour aller se déhancher jusque Tokyo ou LA hein), donc on gère ça plutôt pas mal au final. On connait nos priorités, on a tous des ambitions propres. Et pour les concerts, nos parents sont relativement cools. On en fait quand bon nous semble (sous réserves de propositions hein!), en semaine ou quoique ce soit, il n’y a jamais aucuns soucis. Pas de problèmes majeurs dans la mesure où on est que des petits musiciens parisiens avec la tête sur les épaules.

 

 

Est-ce que les Cheers ont d’autres passions que la musique? Des talents cachés?

 

Non pas vraiment. On a tous d’autres centres d’intérêts, forcément, mais rien de bien significatif par rapport à la musique, à part peut être la bière et les putes, évidemment.

Sinon au rayon des talents cachés, je sais toucher le bout de mon nez avec ma langue. Mon frère se déboîte assez étrangement les pouces. Et Gaspard (batterie) à un très chouette deuxième prénom: Jésus. Ou serait-ce Moïse. Je ne sais plus, il faudrait lui demander. Enfin un truc bien groovy quoi. Le Bassiste, Eliot, est un peu geek sur les bords il me semble, c’est un mec bizarre. Un bassiste quoi. Mais rien d’autre à signaler qui n’en vaille la peine.

 

 

Donc pour toi les bassistes sont des mecs bizarres? 

 

Quoi? Pas pour toi?

T’as qu’à compter le nombre de cordes! Si ça ce n’est pas une preuve viable, je ne sais pas ce qu’il te faut.

 

 

Pour toi, quelle a été la rencontre qui t’as le plus marquée dans le parcours « Cheers »? 

 

Dans le désordre, la Grosse Lulu, Definitely Maybe, la musique de Damon Albarn, Thomas Mame, Bitchy José, et Serge Roué, que nous saluons chaleureusement! Il n’y pas eu de rencontre unique, dans la mesure où elles ont toutes amenées, quelque chose de particuliers dans notre parcours, musicalement, mais aussi humainement. On ne serait pas ce qu’on est aujourd’hui sans un seul de ces acteurs, donc c’est difficile de n’en prendre qu’un! Il y’a à la fois ceux qui nous ont inspirés, ceux qui nous ont soutenus et ceux qui nous font espérer, pour prolonger le parcours, et ils sont tous aussi importants pour nous.

 

 

Quel est l’expression la plus utilisée par le groupe? 

 

« Psychééééé » Qui signifie littéralement : « Ouaaaah, c’est bizarre, ce n’est pas commun, ça dégage une atmosphère très particulière, mais qu’est-ce que c’est cool! »

En gros.

 

 

Sur ces belles paroles, je te laisse conclure l’interview.

 

Je conclurais sur un sobre mais efficace: Cheers. Et merci à toi!

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