Comment l’idée du nom ‘Destronics’ vous est-elle venue? 

 

Quentin : La question ! Alors en fait, je pensais à ce côté electro-rock. Je me suis dit qu’il fallait un nom assez électronique et en même temps assez rock’n’roll. « Destro » c’est pour le côté « destroy » même si notre son n’est plus si destroy que ça maintenant, malgré les guitares. Le « nics » c’est pour electronics, et donc la réunion des deux fait Destronics.

 

Les Destronics, c’est où? c’est quoi? c’est qui? c’est grâce à qui/quoi? c’est comment?

 

Quentin : C’est à Lyon. C’est un duo de garçons de 19 et 17 ans. J’ai créé Destronics avec un autre copain qui avait 20 ans, donc un an de plus que moi et finalement, on a vite divergé par rapport à nos goûts musicaux. Il est parti, j’ai continué Destronics, j’ai fait « We Are Hype » (le remix des Welling walrus) seul et après David est venu dans le groupe. On a fait « My life is a jukebox », « Free hands », « This night a soldier »….

Au début, on était très axé rock et puis on s’est mis à beaucoup écouter des groupes comme Daft Punk par exemple. On s’est dit qu’il fallait qu’on fasse de l’electro, au moins, on ne s’ embêtera pas avec des chanteurs, pleins de musiciens ! Et puis voilà, c’est devenu Destronics.

Depuis l’arrivée de David, ça se passe très très bien. En fait, on se connait depuis tout petit, on a grandi ensemble, on a de la famille en commun. Dès que mon pote est parti, j’ai contacté David parce que c’est un super joueur de piano et de synthé, et il a tout de suite adhéré à Destronics !

 

 

Déjà plusieurs concerts à votre actif, dont un à La Flèche D’Or (Paris), comment se passe généralement un concert des Destronics? 

 

Quentin : Avant tout, on y va, c’est déjà pas mal. On prend le train, parce que j’ai le permis depuis pas si longtemps que ça donc on prend rarement la voiture. Jusqu’à l’avant concert, je suis toujours très stressé, David beaucoup moins. Il est toujours pépère, tranquille. Et puis ça se passe toujours bien, notre but c’est quand même que les gens dansent un maximum, puis apprécient le son. On est deux sur scène, il y a quand même un instrumental derrière qui est déjà prêt, parce que sinon on peut pas faire tout à deux, tu vois, on peut pas avoir une guitare là, une guitare là, enfin bref. Ce qui fait qu’il y a déjà une base et nous on improvise, on fait le maximum dessus. On fait beaucoup d’improvisations, pour que les gens en « aient pour leur argent quoi ». Le concert commence rock et finit plutôt electro avec quelques uns de nos remix, et euh.. voilà! Après le concert, ben après le concert, c’est fini, puis euh, on rentre se coucher n’est ce pas ?!

 

 

Lorsque l’on vous dit : « Enfants des Daft Punk » ou « Successeur de Justice » comment prenez vous la comparaison? Est-ce que cela vous dérange?

 

David : D’un côté c’est flatteur, parce que c’est Daft Punk, c’est un peu les précurseurs, mais d’un autre côté, notre musique n’est pas celle de Daft Punk et elle se dirige même dans des registres et horizons plutôt différents ! Il y a beaucoup d’articles sur internet parlant du « style Destronics », « un nouveau style », « une musique qui se place entre deux courants », parce que ça change justement et qu’ une certaine originalité se dégage de nos sons. Alors oui , les yeux des Daft et de Justice guettent notre manière d’approcher nos créations mais clairement on rejette ce terme de successeurs : d’une part on n’aurait pas la prétention de se désigner ainsi , et d’autre part Destronics multiplie bien d’autres influences étrangères à la French Touch.

 

 

Quelles sont vos justement vos influences?

 

David : J’écoute du Air, du Sébastien Tellier, beaucoup de jazz avec entre autres Marcus Miller, E.S.T,… En bref, à part l’électro et plus récemment la nouvelle vague anglaise de pop électronique (Delphic,Two Door Cinema Club,…) je ne me nourris qu’aux mélodies du Jazz/Funk.

 

Quentin : Moi, j’écoute un peu de tout mais j’ai grandi surtout avec du rock : Led Zeppelin,  Guns ‘n’ Roses, Rage Against The Machine et des guitar heroes du style Joe Satriani.

Après, quelques morceaux de Massive Attack ou de Swod passent tellement bien !

 

Comment se passe la composition d’un morceau?

 

Quentin : On se retrouve dans mon studio. Il y a quand même souvent une base que l’on a composé chacun de notre côté, mais pas tant que ça en fait ! On improvise dessus et on trouve toutes les mélodies en fonction des improvisations qu’on réalise. Dès qu’on se regarde, qu’on se marre et qu’on fait : « oh putain ! ça c’est bon, ça c’est bon, ça c’est bon », on retient !

 

 

Racontez nous comment ça s’est passé pour votre clip « This Night A Soldier » qui a bien été accueilli par les internautes, je pense. 

 

David : Ah oui, ça va ! Comment ça s’est passé ? Et bien, le tournage a été réalisé par Imetrages et a duré un mois. Le réalisateur, Etienne Perrin, est en fait un gars que Quentin a rencontré il y a à peu près deux ans et qui avait toujours eu envie de faire un clip avec nous !  This Night a Soldier était l’occasion ! C’est un gars super sympa en plus ! On a eu une équipe géniale autour du clip : une maquilleuse, des techniciens, des acteurs… L’acteur principal (Joss Berlioux) est professionnel, il a joué dans quelques épisodes de Kaamelott. Et la fille (Leslie Medina) fait du mannequinat. On a tourné dans pas mal de lieux différents, dans des champs, dans un bar, chez une copine de Quentin. Oui, la fête de la fin du clip était chez elle ! Je peux te dire que quand elle a vu les images, elle a plané ! Mais c’était vraiment sympa, assez long et éprouvants vu les conditions, mais très bonne expérience. A refaire !

 

 

En parlant de This Night a Soldier, comment avez-vous eu l’idée de faire chanter le chanteur des Bates Motel?

 

Quentin : Et bien en fait, Cyril, on l’a connu grâce à Benoit, de Balthasard Conceptstore, qui nous manage, et qui manage aussi les Bates Motel. Il nous l’a fait rencontrer (pour une soirée Ricard si je me souviens bien, tu vois le contexte !) et on a vraiment sympathisé avec eux. On est bien potes maintenant, on fait des dates avec eux. Cyril a une super belle voix, je lui ai dit de venir chanter sur un de nos titres et This night a soldier est né !

Même question pour We Are Hype avec le chanteur des Welling Walrus. 

 

Quentin : We Are Hype, c’était eux qui nous avaient demandé un remix. Il s’est trouvé qu’on avait des connaissances en commun, donc on a bien sympathisé aussi ! Après le remix de We Are Hype, on voulait faire chanter Mathieu sur un de nos titres et ça c’est fait sur My Life is A Jukebox. Une collab’ à refaire, vraiment !

 

Comment alliez vous études/musique? 

 

Quentin : Comme tu peux le voir là je suis en train de réviser ! Non c’est vraiment pas facile, parce que vu qu’en parallèle je fais des études d’expertise/comptable, je sais pas si tu vois ce que c’est… ça dure huit ans, c’est long, c’est chiant.

 

David : Je suis quant à moi encore en terminale vu que j’ai deux ans en fait de moins que Quent, et ça se passe bien, c’est pareil, ça me prend du temps, et je suis vraisemblablement parti pour faire des études plutôt chargées aussi. Voilà!

 

 

Quelle est la rencontre qui vous a le plus marquée? Pourquoi?

 

Quentin : Bonne question.. Je sais pas. C’est pas une vraie rencontre, mais il y a Christophe Willem qui nous a écrit pour nous dire qu’il aimait vraiment beaucoup notre musique et ça c’était marrant !

La rencontre de Ben’ de Balthasard Conceptstore a fait bouger les choses.

C’est un peu grâce à lui si on en est là aujourd’hui !

 

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique?

 

Quentin : J’ai commencé quand j’avais 14 ans, je crois, un truc comme ça. Avant, je vais te faire un petit historique ça va être super cool, euh.. avant je jouais au foot’ à l’AS St Etienne, j’ai joué là-bas pendant cinq ans, et après, il fallait que je déménage de Lyon à Saint Etienne, pour rentrer dans le centre de formation ! Je  voulais pas faire que ça donc j’ai arrêté, j’ai préféré garder les études.

Là, je me suis mis à la guitare et puis, finalement, ça a avancé, mon meilleur ami s’est mis à la basse, on a fait Destronics et après il est parti et c’est David qui l’a remplacé.

 

Et David, lui, a commencé plus tôt, le piano, il a une famille très musicienne, fous de jazz de père en fils ! Moi, j’ai mon père qui fait de la musique, mais je m’y étais jamais intéressé, ça me bottait pas trop, j’avais pas envie.

 

 

En 5 mots, décrivez votre musique. 

 

Quentin : Epique ! euh.. Oh, c’est dur comme question… mmh.. Tu me laisses deux secondes pour réfléchir ? Euh.. Qu’est-ce qu’on pourrait dire ? Rythmée. Dynamique. Mélancolique et euh..

 

David : Chaleureuse… !?.

 

 

Est-ce que tu penses que Lyon est une ville qui se bouge bien niveau musique?

 

Quentin : Non, Lyon est pas réputée pour être une ville qui bouge beaucoup, on est un peu critiqués de partout parce que justement c’est une des villes qui bouge le moins point de vue musique, y’a pas beaucoup de groupes qui sortent de Lyon, et finalement il n’y a aucun groupe lyonnais qui arrive vraiment à percer. Et puis les scènes à Lyon, y’en a pas tellement, on est la deuxième ville de France et il y a presque pas de salles correctes pour jouer, donc c’est vrai que c’est chiant quoi. C’est soit en fait, tu passes d’une énorme salle comme la Halle Tony Garnier avec ses 15000 places ou le Transbordeur et ses 3000 places à des petites salles qui font 200/300 places, et ça c’est un peu chiant, c’est un peu frustrant.

 

 

Quel est le mot ou expression que vous utilisez le plus souvent?

 

David : Moi je pense que malgré moi ça serait « C’est Ouf ! » ou  » C’est relou ! « .

 

Quentin : Moi il y a un truc que j’aime bien dire, ouais mais attends c’est une insulte, une insulte ça le fait peut être pas.. moi c’est pas très classe, mais j’adore dire « Trou d’balle ».

A chaque fois qu’on fait un morceau, on est très très modeste , on se regarde et on fait : « Putain mais c’est énorme! C’est magnifique! » On dit ça pour rigoler bien sur, on exagère tout comme des vulgaires petits musiciens de studios !

 

 

Si vous deviez choisir, un album, un livre et un film, lesquels seraient-ce?

 

Quentin : David ce serait surement un album de Air, parce que David faut le dire quand même, il dit que c’est le fils spirituel de Air, voilà. Il est tout content qu’on les ait dépassés au top electro Myspace , il dit : « T’as vu maintenant le fils a dépassé le maitre ». Il est super content ! Bref, moi, en fait j’écoute vraiment de tout, je sais pas si je pourrais sortir un album comme ça… Si, « Stairway to heaven » de Led Zep’.

 

David : Aha , oui le « 10 000 Hz Legend » de Air , ou le live à Hamburg de E.S.T . Rhoo et allez un petit « Quiet si the new loud  » des Kings of Convenience !

Sinon question livre , ben j’apprécie énormément Camus , je lis quelques articles liés à la politique (oui oui !) , et peut être des livres plus gentils avec le fameux Oscar et la Dame rose de Schmitt !

Et puis films , Orange mécanique de Kubrick , Le Pianiste de Polanski , et attends , évidemment les OSS 117 avec le grand Jean Dujardin !

 

Quentin : Et puis bah moi si je devais prendre un livre, ce serait.. attends faut que ce soit un truc sérieux quand même, je vais pas te sortir un Tom Tom et Nana, qu’est-ce que ça pourrait être, bah du Frédéric Beigbeder, il me fait rire !

Un film? J’arrive pas vraiment à déterminer un truc, tu vois, j’ai envie de dire des conneries à chaque fois, genre Casimir ou je sais pas, attends, un film que j’apprécie vraiment vraiment, ah si, ah non, c’est vraiment con je dis pas ça.. « Bernie » avec Albert Dupontel et d’Albert Dupontel, je suis fan !

 

 

Et si l’on vous demandait de faire la BO d’un film/série, ce serait lequel? 

 

Quentin : Je pense que ce serait plutôt dramatique, un film avec des grands espaces, un film de Stanley Kubrick justement, je pense que ça nous correspondrait bien.

 

 

Pour finir, je vous laisse la parole. 

 

Ah merci. C’est super sympa, on te remercie pour cette interview et continuez comme ça, ce que vous faites est vraiment très bon !

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