Aujourd’hui, 10 juillet 2009, à Saint-Etienne, concert prévu à l’Assommoir du groupe Deja vu.
Arrivée un peu en avance, je me présente au groupe et l’on décide de faire l’interview avant le concert, nous nous asseyons tous autour d’une table mais à ce moment, le groupe Sutcliffe (Nantes) commence ses balances, du coup, impossible d’entendre quoique ce soit.
Nous décidons de nous installer dehors dans un genre de tout petit, vraiment tout petit parc, en face du café/concert.
Nous attendons cinq minutes Renaud (batteur du groupe) qui a un trou dans sa C******e et qui est donc allé chercher un bout de gaffer.
Une fois tout le monde prêt, ils s’assoient sur un muret (dans l’ordre en face de moi : Mathieu-Isaure-Renaud) et François à côté de moi, debout.
Après avoir un petit peu débattu sur les chaussures de Renaud, l’interview peut commencer.

Some Are On The Way: Déjà vu pourquoi ce nom ? Une signification particulière ?

Mathieu : J’ai oublié mon texte !

Isaure : Bah alors Déjà vu c’est parce qu’ils voulaient un nom qui sonne universel…

Mathieu : on voulait un nom !

Isaure : On voulait un nom…!

Mathieu : Merci, mais t’es dans le groupe aussi donc on voulait un nom…

Isaure : Qui sonne universel, on a pensé à Sandwich, machins, mais Déjà vu c’était cool et en plus c’est comme un super album des Crosby, Still, Nash & Young!

François : C’est surtout parce que ça veut dire quelque chose en français comme en anglais et que nos influences sont anglaises dans la musique et françaises dans le texte donc c’était une façon de synthétiser les deux univers.

 

SAOTW : Qui fait quoi dans le groupe ?

François : Alors moi je fais la cuisine !

Renaud : Moi, cordonnier hé hé (toujours en réparant sa chaussure et en écrivant un beau F**k  dessus!)

Mathieu : Moi, je compte le pognon !

Isaure : Et moi, je fais les gâteaux.

François : Plus sérieusement, moi je chante et je joue de la guitare.

Mathieu : Moi je joue de la guitare, de la basse et je chante un peu aussi…et je compte le pognon !

Isaure : Moi, je fais du clavier et du tambourin. Et d’la cloche aussi !

Renaud : Moi, je fais de la batterie et je gueule dans le micro, on ne peut pas appeler ça chanter honnêtement !

 

SAOTW: Racontez nous la rencontre des Déjà vu ?

Renaud : Bah alors ça s’est passé sur Meetic, mais le site pour adultes, en fait, pas celui où tout le monde peut aller, je ne sais pas si on peut dire ça…

Mathieu : adultfriendfinder.com c’est ça ?

Renaud : Ouais !
Mathieu : Je cherche !

Renaud : En fait, donc, euh, moi je connais Mat’ depuis de nombreuses années, (Renaud regardant le micro que je lui propose) c’est Renaud qui parle au micro! … et on a décidé un jour de faire de la musique ensemble et puis on a recruté François via le site de l’anpe et bah Isaure, on l’a fabriquée, en fait…voilà !

François : Non, Isaure, c’est…c’est l’enfant de Mat’ et Renaud.
Mathieu : On répond toujours les mêmes blagues en fait, et le pire, c’est que ça nous fait toujours autant rire.

Plus sérieusement, donc pour faire très vite, on se connait effectivement avec Renaud depuis le collège, on faisait de la musique ensemble déjà avant de jouer dans Déjà vu. François, on l’a rencontré parce qu’on cherchait un chanteur, on l’a rencontré au moment où on s’est dit : Bon maintenant on va faire quelque chose de plus sérieux. Et on a joué pendant 3 ou 4 ans avec un bassiste qui  s’appelle Jordy.
François : Paix à son âme.
Mathieu : Et qui est parti, il est mort héhé, non il est en route vers d’autres aventures extra musicales et on a rencontrés Isaure à un moment où on s’est dit : Qu’est-ce qu’on va faire parce qu’on a auditionnés beaucoup de bassistes, on en a retenu aucun…donc je suis passé à la basse et il nous fallait quelque chose pour que la musique reste un peu plus riche, comment dire…

Renaud : Oui, c’est ça !

Mathieu : Que ça continue à le faire et en fait on a joué avec, on a des claviers sur le disque, sur les deux disques d’ailleurs, on a des parties qui avaient été faites par un pote au moment où on était plus que trois et on a rencontré Isaure, qui, elle, jouait du clavier et on s’est dit : Oui, bah, pourquoi pas essayer de continuer dans cette voix là, puisque de toute façon…C’était pas par dépit, c’était qu’on avait rencontré Isaure et qu’on lui en avait parlé comme ça vite fait, et ça lui a dit. On a essayé et ça l’a fait, donc on a continué comme ça en fait, voilà !

 

SAOTW: Qui a eu l’idée de créer le groupe ?

Renaud : C’est moi ! héhé

Mathieu : Y’a beaucoup d’opinions qui divergent.

François : Ca s’est pas fait comme ça, enfin après ça dépend de quel point de vue, on peut prendre les parcours individuels de chacun. Pour Isaure, c’est tout nouveau parce qu’elle a intégrée le groupe début 2009.

Mat ‘ et Renaud jouaient déjà de la musique avant Déjà vu ensemble, et moi je suis arrivé, j’avais un groupe avant et ce groupe là s’est terminé et j’avais des chansons et j’avais envie de chanter dans un groupe et j’ai rencontré Mat’ et Renaud. On a va dire que la naissance de Déjà vu est arrivée à ce moment là.

Mathieu :  C’est vrai, quand il y avait les deux personnes qui jouaient ensemble depuis le plus longtemps, on a rencontrés la personne qui amenait les chansons, en fait, donc c’est surtout quand on s’est rencontrés avec François que le groupe est vraiment né.

 

SAOTW: Déjà plus de 100 concerts à votre actif, comment se sont-ils passés, enfin en général ?

Renaud : On s’en rappelle plus on est trop défoncés !

François : Ca se passe toujours très bien, parce qu’on joue toujours trop fort !
Et là je cite Renaud, c’est mon dieu un peu.

Renaud (tout étonné): C’est moi qui avais dit ça ?

François : Ouais t’avais dit ça dans une interview, y’a super longtemps !

Renaud : J’avais de la répartie à l’époque !

François : Non, mais, en fait c’est difficile, on ne peut pas généraliser sur les concerts parce qu’on a fait toutes sortes de choses. On a joué dans des petits bars où 20 personnes et c’est déjà blindé et où c’est très difficile de jouer parce qu’on est obligés de faire énormément d’efforts au niveau du son etc… à côté de ça on a aussi fait des grosses scènes comme le Transborder ou le KAO devant 1000/1500 personnes donc c’est difficile de généraliser.

En général, y’a des meilleurs soirs et des soirs moins bon, et c’est la vie, voilà !

Mathieu (faisant très attention à ce que dit François décide de nous faire part de sa découverte): Tiens la porte est ouverte, je vais l’enfoncer !

François (ignorant l‘intervention de Mathieu continue): Ouais, c’est un peu dur, en général, on essaye de prendre du plaisir dans toutes les circonstances, ce qui compte surtout pour nous c’est d’être sincères et de jouer notre musique, à partir du moment où l’on peut s’exprimer. Là où on prend pas de plaisir c’est quand on joue dans un endroit et qu’on se rend compte que y’a mal donne avec les organisateurs ou le patron du lieu et qu’on peut pas s’exprimer comme on aimerait pouvoir le faire, ca s’est beaucoup plus compliqué à gérer mais dans 90% des cas, ça se passe très bien !

 

SAOTW: Et que faites vous avant de monter sur scène et après ?

Renaud : Non, je ne peux pas te dire, ce serait trop vulgaire !
Mathieu : Tu vois que tu te souviens de cette interview, hein !
Renaud : Ouais, j’ai une réponse toute faite mais là je ne peux vraiment pas te le dire. C’est indécent, on n’a pas le droit de dire ça, c’est un secret professionnel !

Mathieu : En général, on va être très terre à terre vu qu’on est un groupe et qu’on tourne juste à 4 et qu’on n’a pas de roadies et qu’on n’a pas de mecs qui mettent nos amplis et accordent nos instruments avant de monter sur scène on met notre matos en place et on accorde nos instruments et après le concert, on range !

Renaud (content d‘avoir esquivé ce qu‘il avait à dire): C’est vrai 

Mathieu : C’est vraiment terre à terre mais c’est un peu ça !

 

SAOTW: Un EP « Le plan de carrière » en 2005, un album « Déjà vu » en 2006, un EP « Alison Gray » en 2009, un album « Roulette Russe » en  2009, comment se sont passés les moments en studio ?

R : Mais où s’arrêteront-ils ?

François : Bah déjà y’a pas mal d’enregistrements en fait sur tout ça.

Mathieu : En fait, y’a 3 vraies séances d’enregistrements par rapport à tout ce qui est sorti. Y’a pour le 5 titres, le 1er album et pour le 2eme, pour faire plus bref !

François : En fait, y’a une certaine évolution, le 1er EP est sorti, c’est un truc qui a été fait complètement à l’arrache, on devait aller en studio pour faire une répétition enregistrée juste pour voir et en fait le type qui nous a enregistré a trouvé ça super bien et il a vraiment insisté pour sortir le disque, mais le groupe existait depuis même pas trois mois, c’était vraiment les tout débuts donc bon. Avec le recul, c’était un petit peu prématuré, mais en même temps, c’était une chouette expérience qui nous a permis d’avoir une 1ère année assez dense finalement. Et après le 1er album, ça s’est fait très vite, dans la foulée, genre 6 ou 7 mois plus tard, on a enregistré le 1er album, dans le même studio avec le même producteur, on a eu une démarche un peu plus préparée, un petit peu plus sérieuse, on avait beaucoup plus prévu les choses. On avait beaucoup plus prévu les choses en terme de son, de matériel, de repet’ mais j’ai envie de dire, c’est souvent ce qui me vient à l’esprit, c’est que le son du groupe est vraiment né pendant l’enregistrement du 1er disque. On existait depuis un peu moins d’un an et c’est là qu’on a vraiment trouvé notre identité parce qu’au début on se cherchait un petit peu, y’avait un côté un peu trop chanté, un peut trop français et instrumentalement, il fallait mettre tout ça en place, parce que c’est vrai, que ce qu’on essaye de faire, finalement y’a pas beaucoup de groupes qu’ils le font, donc, j’ai un peu le sentiment qu’on défriche des territoires pas forcément balisés. Donc, il fallait mettre ça en place et puis ensuite, on a fait beaucoup de concerts, après la sortie du 1er disque et pour le deuxième album, pour moi c’est vraiment un album qui reflète cette période de concerts, en fait, on a fait beaucoup beaucoup beaucoup de dates, on a vraiment rodés les chansons sur scène, et on a eu la chance de faire deux séances de studio de préparation, même trois en préparation de l’enregistrement de l’album donc, on a vraiment mis les moyens sur ce disque et ensuite, bah, l’enregistrement c’était juste génial, on a passé une dizaine de jours dans une maison dans les Alpes de Haute Provence en autarcie totale, et on a enregistrés toutes les pistes rythmiques et tous les basic tracks en même pas 10 jours quoi, et ensuite par contre, après, on a pris un peut plus le temps de peaufiner les arrangements, rajouter des petits éléments, faire les voix, etc… Et le mixage s’est étalé, on a vraiment pris le temps de faire les choses bien, et voilà, et c’est l’album qui va donc sortir dans quelques mois qu’on a en fait, dans les cartons depuis quelques temps mais qu’on a hâte de voir sortir et qu’on défend aujourd’hui sur scène, voilà !

*Renaud, Mathieu et Isaure écoutent très attentivement François qui nous parle de Deja vu*

Renaud : Qu’est ce qu’il parle bien *__* 😉

François : Je me suis un peu étalé là !

Renaud : J’ai fait la cuisine aussi t’as oublié de le dire, c’est important !

Mathieu (réconfortant François) : Mais c’est pas facile de dire ça en deux phrases, comment ça se passe…

 

SAOTW: Toutes vos chansons sont en français, pourquoi ce choix ?

François : Et pourquoi pas !

Mathieu : Vu que c’est pas moi qui écrit, je vais en parler avec un certain recul, en fait, quand on a commencé à jouer avec Déjà vu, c’était la mode des groupes anglais, genre Libertines, des groupes qui chantent en anglais , en tout cas, et ce qui s’est passé, c’est qu’après y’a eu beaucoup de groupes français qui ont voulu faire bien ou moins bien mais comme eux. Et en fait, on ne s’est jamais senti à l’aise de dire : Ouais, bah on va faire comme eux et puis on va être un groupe anglais en France. Enfin, je veux dire y’a quelque chose de pas réel, qui va pas quoi, y’a un truc qui cloche donc on s’est dit : Bon bah on est français on pourra jamais faire autrement on n’est pas nés à Manchester, et puis en plus on s’en est bien rendu compte avec Renaud étant donné qu’on a passés un an en Angleterre avant de jouer dans le groupe.
Renaud (se moquant quelque peu de Mathieu): C’est pour la frime qu’il dit ça 😉

Mathieu : On a beau pas écrire les paroles, c’est plus François qui le fait, on est tout de suite tombés d’accord la dessus on n’est pas un groupe anglais, ce n’est pas normal de chanter en anglais, ce n’est pas naturel…

François : C’est-à-dire que moi pour moi ce qui fait le rock c’est la sincérité  d’abord et pour moi ça me semblait, enfin, il faut que les morceaux, ils veulent dire quelque chose, il faut que ça parle de soi, il faut que derrière il y ait un vécu et il faut mettre un peu de son âme dans ses chansons et nous on a jamais eu envie de faire comme les autres et de suivre une quelconque mode et à partir du moment où être rock’n’roll, c’est être sincère, la sincérité eh bah pour moi la sincérité étant né en France c’est de chanter en Français. Et puis c’est un cliché de croire que le rock peut pas sonner en français parce que des contre exemples on en a des tonnes et nous on est tous fans enfin surtout Mat’ et moi mais moi en tout cas c’est une grosse influence pour moi la vraie pop/rock française sixties, tous les trucs bien, les Gainsbourg, Dutronc…

Renaud : C’est marrant parce qu’avant de venir là, je regardais un documentaire sur Téléphone et à la fin des années 70 y’avait une interview filmée et on leur posait la même question et Jean Louis Aubert il répondait exactement la même chose que François.

Mathieu : A croire que c’est finalement les médias qui empêchent les gens de croire que le rock en français c’est pas du rock.
François : Ouais et puis là on est dans un autre problème, c’est-à-dire que j’ai l’impression qu’en fait t’as cette espèce d’énorme paquebot rock français avec Noir Désir en figure de proue et du coup c’est comme si dans la tète des gens bah le rock français c’était obligatoirement ça et que tu pouvais pas faire autre chose quoi, alors que nous j’ai du respect pour Noir désir mais c’est pas franchement la musique qu’on écoute, c’est pas un groupe qui nous influence et on peut faire autre chose quoi c’est un défi artistique et voilà je pense que c’est aussi ce qui fait l’intérêt du groupe, c’est ce qui me passionne dans ce groupe aussi, c’est justement le fait qu’on essaye de faire autre chose, voilà !

 

SAOTW: Dans quel univers musical avez-vous grandis ?

*Renaud, Mathieu et Isaure commencent à rire*

Renaud : Oh bah avec François, on va s’marrer !

Mathieu : Bah moi, la musique, c’était un intérêt tout relatif jusqu’à ce que je découvre les Beatles en fait, vers 12/13 ans, donc voilà, moi je veux tout faire comme Paul Mc Cartney.

Renaud : Il s’est même mis à la basse !

Mathieu : Contrait et forcé, exactement pareil.

Isaure : Moi, j’ai grandi dans les années 90 donc je me suis tapé toute la dance donc c’était pas voilà, mais j’ai eu la chance d’avoir des parents qui avaient de bons vinyles des années 70 et tout, donc voilà, j’ai beaucoup écouté du classique quand j’étais petite parce que je faisais du piano classique et du coup bah voilà. Sinon je me suis vraiment mise au rock avec les White Stripes, quand j’étais en 3eme voilà !

Renaud : Moi j’ai toujours écouté…

François  : Toi c’est Renaud.
Renaud : Moi c’est Renaud…
François (se moquant légèrement de Renaud): Hein, micro !

*Décidemment François et Renaud ont un petit soucis avec le micro ;)*
Renaud : ahah moi j’ai toujours écouté du rock parce que mon père il m’a pas laissé le choix donc…les disques qu’ils me mettaient pour m’endormir c’était les Rolling Stones, Led Zeppelin, les Beatles, Deed Purple…

François : Il a eu les Doors dans son biberon !

Renaud : Ouais, j’ai eu les Doors, les kinks, tous ces groupes là je les connaissais déjà quand j’étais tout môme donc j’ai été obligé de faire avec, j’aurais préféré faire de la variété française mais mon père a pas voulu ahah !

Mathieu : Par contre François, il a des choses à dire !

*Nouvel éclat de rire de la part de Renaud, Mathieu et Isaure.*

François : Bah ouais, je viens d’une famille qui est pas très rock en  fait, mes parents écoutaient surtout soit de la chanson française soit de la variété donc pas des choses très…

Renaud : Comme qui par exemple ?

François : Comme Michel Sardou, c’est la honte hein !

Renaud/Isaure/Mathieu : Ouuuuuuuh !!! ahah

François : Bah au moins moi ma culture musicale je me la suis faite moi-même, moi je suis un self made man !
Mathieu : Et mais attends moi aussi, de toute façon, moi dans ma famille y’avait pas assez de connaissances en rock pour…

François : Toi t’as déjà parlé, alors c’est moi maintenant !

Mathieu : Tu te crois au dessus parce que t’as fait ta culture tout seul

François : Bah je parle le dernier alors je me sers de vos témoignages…
Mathieu : Ouais, c’est ca ! Ahah  *Mathieu boude.*

François : Moi j’ai eu la chance de la génération Funradio a l’époque où ils passaient du rock, t’as peut être pas connu ça…mais y’a eu vraiment une époque où c’était énorme et j’ai découvert comme ça tous les groupes qui m’ont influencés. Déjà Nirvana, ça m’avait bien plus mais après ce qui m’a surtout influencé c’est toute la vague britpop à commencer par Oasis et derrière Blur mais aussi Radiohead, les groupes comme ça et en fait ça m’a ouvert les portes de tout un univers musical que je ne connaissais pas et en lisant les interviews de Noel Gallagher et bah je l’entendais parler des Beatles, des Kinks, des Who, je me suis mis à écouter tout ça et j’ai eu envie de découvrir et j’ai découvert tout ce que j’écoute aujourd’hui, j’ai découvert comme ça et ça ne s’arrête pas depuis donc merci…

Renaud : Ton père spirituel c’est un peu Noel Gallagher.
François : Bah ouais !

Renaud : Espèce de branleur !

François : Les frères Gallagher sont mes grands frères ils m’ont tout appris.

 

SAOTW: Pour chacune de vos chansons en écoute sur Myspace vous allez répondre aux trois questions suivantes :

Dans quelles circonstances a-t-elle été écrite ?

Pourquoi ce titre ?

Un message à faire passer à travers cette chanson ?

 

ALISON GRAY.

Mathieu : Alison Gray , bah déjà en fait pour commencer par le titre on avait prévu de la mettre sur une autre chanson qui a fini par être 3bis rus ferracha. Un jour en passant donc, on était chez, et je crois qu’on l’a jamais dit en interview ca…
Renaud (faisant une imitation de jingle): Attention Scoop !

Mathieu : En fait, en allant boire des coups chez notre ancien bassiste Jordi, il nous a dit un jour j’ai une voisine anglaise qui vient de débarquer donc je te passe les détails comme quoi elle est mignonne parce que c’est pas ce qui nous intéresse…

Renaud : Un peu quand même ! 

Mathieu : En fait, il a dit, elle s’appelle Alison Gray à l’origine. Pour la chanson 3 bis rue Ferracha, François a fait mais c’est un nom génial je crois que je vais l’utiliser là dedans etc  etc, et finalement ça a terminé sur Alison Gray, on a développé un personnage comme ça enfin surtout lui, il a développé un personnage. Et ce que la chanson raconte…

François (enchaînant parfaitement la prise de parole de Mathieu) : C’est l’histoire d’une gamine qu’on va qualifier d’un peu écervelée mais qui a juste envie de, qui a des l’âge de l’adolescence un peu perdue de son innocence et qui sait très bien que la fête va pas durer éternellement et qui a envie d’en profiter a fond, on pourrait la critiquer parce qu’elle est superficielle ou parce qu’elle a l’air un peu folle parce qu’elle se met des caisses en soirées mais dans le dont est-ce qu’elle a pas plutôt raison de profiter de tout ce qui se présente à elle tant qu’elle peut en profiter ? Voilà ça raconte ça en fait la chanson. Alison Gray, l’idée de l’histoire c’est vachement inspiré de, enfin, à Lyon, y’a un bar qui s’appelle Le Citron vert, le bar rock’n’roll de la ville où on traîne tout le temps, c’est notre deuxième maison à tous et c’est vrai, c’est vachement inspiré de l’ambiance du lieu, quand le rock est revenu à la mode a un moment donné, on a vu pleins de gamines qui débarquaient et qui foutaient un peu le Bronx et même à nos concerts et on trouvait ça génial et à un moment donné je sais pas j’ai eu envie de raconter un peu ce qui se passe la dedans, c’est venu comme ça.

OVERDOSE.

Renaud : C’est une très belle histoire, je vais essayer de faire court pas comme Mat’ ! Il se trouve que Citron, le bar où on traîne nos guêtres tout le temps,  y’avait un cuistot avant, il s’appelle Hervé, et un jour il m’a offert une guitare douze cordes pour mon anniversaire, donc c’était un cadeau sentimental, c’était une guitare qui a un certain âge, qui date des années 70 et c’est une guitare qu’il avait baptisée Lily à l’époque où il était un peu un hippie, l’époque où il avait 18 ans, il faisait un peu n’importe quoi, machins. Et en fait, c’est donc cette personne, Lily, existait vraiment, c’était sa petite amie de l’époque et il se trouve que la dernière fois qu’il a vu cette personne c’était sur une plage (détail très important qu’il faudra retenir pour la suite de l’interview) malheureusement la personne est morte à la suite d’un overdose, donc c’est très triste, et ça on l’a pas su tout de suite et un jour on était en tournée dans le Sud  Ouest, on était sur une plage et François avait la guitare douze cordes Lily dans les mains et il a commencé à gratouiller, il a pondu une suite d’accords, devenus la chanson overdose et donc quand j’ai raconté ça à mon pote qui m’avait filé la guitare, il avait les larmes aux yeux et c’est à ce moment là qu’il m’a dit : Tu te rends pas compte, la guitare, elle s’appelle Lily parce que c’était une fille dont j’étais amoureux, elle est morte d’une overdose et c’était sur une plage que je l’ai rencontrée .

François : C’est bizarre d’avoir composé une chanson qui s’appelle Overdose avec cette guitare là, complètement par hasard alors qu’on l’ignorait totalement !

Mathieu : Mais le truc que t’as oublié de préciser c’est que la plage en question, on était pas à la même plage là où il l’a vu mais c’était dans le même coin.

François : C’est le fantôme de la nana.

 

JE SUIS LE VENTRE DU MONDE.

 

François : Je suis le ventre du monde, c’est un morceau qui traînait, dont la musique traînait dans mes cartons depuis un petit moment et à la base y’avait un refrain très compliqué avec un changement de tempo, dédoublement du rythme etc.… Ça plaisait pas trop a Mat’, comme beaucoup de mes chansons 😉

Mathieu : Non !

François : Et donc du coup un jour je l’ai, je me suis dit, tiens et si je faisais un truc avec des chœurs, des questions/réponses, niveau mélodie, un truc un peu entraînant sur le couplet et en fait le morceau a décollé de là et après au niveau du texte c’était une idée que je traînais depuis super longtemps, depuis même le premier album, j’ai toujours eu une certaine répulsion pour les jeux d’argent et pour l’univers des Casino, c’est toujours un truc qui me met même encore aujourd’hui mal à l’aise, je saurais pas expliquer pourquoi et j’avais envie d’illustrer ça dans une chanson, exorciser un peu ce sentiment et j’avais envie de raconter un peu l’histoire d’un mec qui se perd et qui se noie dans les jeux d’argent et qui perd la boule en fait, en jouant aux dés et le titre de l’album « Roulette russe » est plus ou moins né de cette chanson là et de l’ensemble des autres titres, il me semble, des autres thèmes abordés par le disque mais c’est un peu le hasard.

QUI EST IN QUI EST OUT.

Mathieu : Je sais plus quand est-ce qu’on a commencé à la jouer…

Renaud: C’était pour le tribute Gainsbourg…

Mathieu: Non, mais on avait commencé à la jouer avant et c’est grâce à ça qu’on a pu aller au tribute.
François: Ah ouais!

Mathieu: Je crois qu’au début on avait pas beaucoup de titres et donc on cherchait des reprises et c’est une de celle qui est vraiment restée parce que c’est une des seules reprises où on a réussi à la mettre à notre sauce.

C’est l’époque que l’on préfère de Gainsbourg.

 

LA GRANDE EVASION.

 

François: A la base c’est une chanson de Mathieu!

Mathieu: C’est un truc que j’avais dans mes cartons depuis super longtemps aussi, genre 2002/2003 avant que le groupe soit formé et je suis pas très bon pour écrire des paroles mais j’avais la musique et je savais de quoi je voulais parler sur cette musique, en fait, donc j’ai dit à François, ça va être, je voudrais que ce soit un texte sur quelqu’un qui a envie de péter un câble et de partir de laisser sa vie, parce qu’il étouffe et là après les idées du texte La grande évasion sur les bouchons sont venues à l’esprit de François et on avait un concert à faire à Grenoble, le trajet de Lyon à Grenoble dans les bouchons et c’est de là qu’a émergé l’idée que ce mec là, il veut s’enfuir et c’est à partir des bouchons; C’est ça.

François: Ouais j’étais bien bloqué dans les bouchons et j’avais qu’une idée, c’était d’en fait de laisser la bagnole en plan, monter sur le toit de la voiture et de crier un grand coup et de courir au milieu des voitures et je me suis dit, tiens ça pourrait être un truc marrant à raconter et c’était assez urbain comme thème et ça me plaisait bien, c’est un truc assez récurent finalement.

 

LE SYNDROME DE STOCKHOLM.

 

Renaud: Dis donc, on en a des titres en écoute sur Myspace, on est généreux 🙂

François: C’est un texte que j’ai écrit à l’époque où je me suis fait viré donc en fait c’était très bizarre comme sensation, j’étais en train de me faire virer de mon boulot et je me rendais compte que plus le temps avançait, plus la démarche avançait et plus je me rendais compte que j’en avais absolument rien à foutre, parce que ça ne représentait rien en fait pour moi et du coup ça raconte exactement ça. Le contraste entre le couplet, je me revois dans le train à aller à mon entretien de licenciement et ça raconte exactement ça le couplet, dans le train et je regarde le paysage qui défile sous mes yeux et je vais à mon entretien et comme souvent quand on est dans un train on est dans une espèce d’état léthargique où tu dors par vraiment et tu penses à des choses, en fait, c’est une sorte de divagation, le refrain c’est ça, c’est le mec il préfère se réfugier dans ses rêves, voilà.

 

SAOTW: Quel est le premier concert auquel vous avez assisté?

 

François: Je sais même pas, sérieusement.

J’ai vu C-Jérôme, ça m’a marqué depuis je veux faire pareil, non après pff… c’est un groupe que j’ai vu tardivement, je ne peux que citer un concert d’Oasis, ça reste pour moi le truc le plus marquant que j’ai vu.

Renaud: Moi c’était en 1997, le concert de Supergrass à Lyon, c’est quand même pas de la merde et je suis bien content. *Grand sourire style C***ate ultra brite!*

Isaure: Moi c’était en 2005 et c’était les White Stripes et c’était trop bien, j’étais allée jusqu’à Paris pour ça et même que j’avais 16 ans, mes parents ils m’ont emmenés en voiture.

Mathieu: Moi, c’est le même concert de Supergrass en 1997 que Renaud. *Même grand sourire style C***ate ultra brite que Renaud.*

Renaud: C’est pas beau ça, franchement!

 

SAOTW: Une devise de groupe, peut-être?

 

François: It’s a long way to the top, if we wanna rock’n’roll.

Mathieu: Sinon avant les concerts on dit souvent « Up your ass » que je ne traduirais pas.

 

SAOTW: Dans le groupe qui est le/la plus:

Timide : Isaure.

Marrant: C’est moi aussi (Isaure)!

-Mathieu: c’est vrai qu’elle nous fait bien rire.

François: En fait, c’est moi mais personne comprend mon humour!

Mathieu: On est tous drôle mais on a tous un problème avec l’humour de l’autre.

Bavard: François et Mathieu!

-Mathieu: Je suis plus bavard pour combler les blancs alors que François est l’homme qui aime et qui veut discuter tout le temps.

Isaure: Kif kif bouriko!
Renaud (laissant Isaure et Mathieu débattre sur la différence entre le bavardage de François et Mathieu, s‘adressant à moi): Tu vas avoir du mal à retranscrire tout ça, ma pauvre!

Mathieu (laissant tomber le débat entre Isaure et lui et rejoignant la conversation de Renaud): Au moins, y’a de la matière 😉

Dormeur: Isaure, à chaque fois qu’elle rentre dans le camion, elle dort et on l’entends plus.

Énergique : On a nos phases là.

 

SAOTW: Si vous ne faisiez pas partis des Déjà vu, où seriez-vous et que feriez-vous en ce moment?
François: Putain, je serais en vacances! Je serais en vacances et je serais riche!
Renaud: Moi, je ferais la manche quelque part.

Isaure : Je serais en train de chercher un travail.
Mathieu: Moi je commence à me dire que si j’avais pas eu ce groupe, je serais retourné en Angleterre et j’aurais fait je sais pas quoi.

 

SAOTW: Si vous deviez rêver, quel groupe/artiste aimeriez-vous qu’il fasse votre 1ere partie?

François: Supergrass, je trouve que ce serait un super groupe!
Mathieu : On va dire ça parce qu’on est tous d’accord sur Supergrass, tout le temps.

 

SAOTW: De quel film/série aimeriez-vous faire la BO?

Renaud: On nous avait jamais demandé ça comme question. ^^
Isaure : Je voudrais faire la BO d’un film des frères Cohen.

Mathieu (changeant complètement de sujet): J’adorerais être clipé par Michel « ? ».
Isaure : Moi aussi, mais c’est pas la question…
Mathieu (plein d‘espoir): Je le dis au cas où il le lit.
François (reprenant la question): Sur une BO de Tarantino, ça serait marrant ou un James Bond.
Mathieu: Mais ça c’est un exercice de style, il faut composer le titre
François: Mais Tarantino aussi c’est un exercice de style, il faut composer pour.

*On laisse François et Mathieu parler de Tarantino et James Bond, un petit moment, puis on passe à la question suivante.*

SAOTW: Des projets pour les Déjà vu?

Renaud: Devenir millionnaire tout simplement.
François: Vendre des disques à la brouette et remplir les salles.
Renaud (dans son délire): A la pelle, aha, combien vous en voulez madame?
Mathieu (continuant dans le délire de Renaud): Je préférerais chez les disquaires c’est moins chiant qu’avec la brouette!

SAOTW: Pour finir, quelque chose à ajouter?

Renaud (encore et toujours avec ses chaussures trouées): J’ai des trous dans mes chaussures et ça me déplait fortement!
Mathieu: Sinon la voiture immatriculée là bas est mal garée ^^ Nan, j’ai rien d’autre à dire.

 

Voilà l’interview finie au bout de 40m32sec, nous décidons de retourner dans le café/concert et les balances des Sutcliffe finies, les Déjà vu ont pris place pour leur balance.
Après un repas de groupes, le concert vers 20h15 à peu près peut commencer.
Seulement quelques personnes dans la salle, mais cela n’empêche pas les Déjà vu d’être motivés et boosters à bloc!

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